Lausanne: l’ex-délégué économique d’Aigle Région de nouveau devant la justice

L’ex-délégué économique d’Aigle Région a dû répondre d’escroquerie par métier et de faux dans les titres, mercredi devant le Tribunal cantonal, à Lausanne.

18 avr. 2018, 17:45
L’audience devant le Tribunal cantonal de Lausanne aura duré 1h20.

L’ancien délégué économique d’Aigle Région (AR) s’est de nouveau retrouvé devant la justice, mercredi, en l’occurrence le Tribunal cantonal, à Lausanne. En novembre 2017, le Tribunal de l’Est vaudois l’avait condamné à quatorze mois de prison ferme pour escroquerie par métier et faux dans les titres. Le verdict pour ces mêmes chefs d’accusation sera connu au plus tard lundi.

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Ce nouveau volet du dossier a un lien indirect avec les 342 000 francs détournés alors qu’il œuvrait au sein de l’entité chablaisienne. La vente aux enchères de sa maison avait permis de solder l’affaire. Toutefois la peine de septembre 2013 (deux ans avec sursis durant cinq ans pour faux dans les titres et abus de confiance) lui avait valu la révocation de son sursis en novembre dernier et une condamnation d’une durée identique au temps passé en préventive.

Retour de bâton

Cette «affaire dans l’affaire» comportait deux volets. L’un professionnel, l’autre privé. Le 1er juillet 2011, l’ex-citoyen de Noville avait été engagé par une firme aiglonne comme «chief business development officer». Entre janvier et juillet 2012, il avait continué à percevoir un salaire de 14 000 francs, des primes et le paiement de diverses notes de frais, bien que n’ayant amené aucun nouveau contrat ni financement à la société. Afin de tromper son monde, l’homme s’était créé plusieurs fausses identités (agent secret, conseiller fédéral) et avait signé plusieurs contrats de téléphonie mobile. Entre le 26 novembre 2011 et le 30 juin 2012, il avait également confectionné de faux documents.

Juges contrariés

En octobre 2012, le Vaudois avait accepté de signer un protocole d’accord pour quelque 150 000 francs. Mercredi, son avocat Pierre-Xavier Luciani a estimé que son client «s’était senti forcé de signer cette reconnaissance de dettes» vis-à-vis dudit employeur qui connaissait ses déboires avec AR. «Le menteur n’est pas celui que l’on croit», a encore ajouté l’homme de loi.

Le retour de bâton ne s’est pas fait attendre. «Le prévenu est un menteur.» «Et un stratège», a déclaré le procureur Olivier Jotterand, se fondant sur le fait que les documents, justifiant son travail durant le premier semestre 2012, n’ont été remis à la Cour qu’à la dernière minute. Mis devant le fait accompli, les juges n’ont pas apprécié.