Une condamnation judiciaire empoisonne les ambitions de Viola Amherd pour le Conseil fédéral

En mai dernier, le Tribunal de Brigue a condamné Viola Amherd et sa sœur à payer 250 000 francs à une société du groupe Alpiq. Pour le juge, elles ont encaissé des loyers trop élevés pendant plus de huit ans. Pressentie pour succéder à Doris Leuthard, la démocrate-chrétienne a fait appel.

10 oct. 2018, 01:00
Viola Amherd est citée parmi les candidatures les plus sérieuses à la succession de Doris Leuthard au Conseil fédéral.

Sobrement titré «embourbée?», l’article du «Walliser Bote» fait l’effet d’une bombe. Il ne manquera pas d’animer la course à la succession de Doris Leuthard au Conseil fédéral. Le quotidien haut-valaisan révèle qu’en mai dernier, le Tribunal de district de Brigue a condamné Viola Amherd et sa sœur à verser plus de 250 000 francs à leur locataire, une société du groupe Alpiq. L’hoirie formée par les deux héritières Amherd a fait appel auprès du Tribunal cantonal.

Loyers trop élevés

Mais pourquoi les sœurs Amherd devraient-elles une telle somme au géant de l’électricité? Pour le juge de première instance, elles ont perçu des loyers trop élevés pour plusieurs ateliers d’électricité pendant plus de huit ans. De 2006 à 2014, elles ont continué à encaisser quelques 7000 francs mensuels, alors que les locations avaient été abaissés à 4300 francs par mois. A l’époque, la filiale d’Alpiq vivait des changements organisationnels importants. Pour cette raison, elle a omis d’adapter le montant de l’ordre permanent destiné à l’hoirie.

Conflit autour d’un contrat

Quand la société a réclamé le remboursement de la somme, elle s’est heurtée au refus des deux soeurs. Dans une réponse écrite au «Walliser Bote», l’avocate-notaire Viola Amherd répète ce qu’elle a plaidé, sans succès, au Tribunal. Selon elle, le document invoqué par Alpiq ne constituerait pas un nouveau contrat car aucun accord n’avait été trouvé entre les parties. Les annexes signées de sa main, sur lesquelles les magistrats fondent leur décision, ne relèveraient que de pourparlers contractuels, sans valeur juridique. Le juge en a décidé autrement. Pour lui, il n’y a aucun doute: ce contrat existe et règle les relations entre les deux parties.

«J’aurais averti mon parti»

Pressentie pour briguer le Conseil fédéral, Viola Amherd jure qu’elle aurait averti son parti de cette condamnation civile en cas d’éventuelle candidature à la succession de Doris Leuthard. Pour elle, «un litige civil de ce type ne devrait pas avoir d’incidences sur un mandat politique.» Interpellée par le quotidien haut-valaisan, la direction du PDC suisse assure n’avoir jamais entendu parler de cette affaire qui, pour l’heure, ne concerne pas encore une candidate au Conseil fédéral.

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