Gens du voyage: les Yénisches toujours bien présents à Aigle!

L’affaire des gens du voyage rebondit. Sur les vingt familles expulsées du site des Glariers à Aigle, samedi après-midi, treize, toutes yénisches et romandes (NE, FR, VD, VS), se trouvent toujours au chef-lieu du district éponyme. Simplement, ils se trouvent depuis samedi soir en zone industrielle, sur un terrain privé!

14 août 2016, 11:19
Les gens du voyage avaient quitter les Glariers, samedi vers 17h-17h30.. avant de revenir en zone industrielle un peu plus tard.

«Si on ne nous avait pas trouvé un autre emplacement, croyez bien que nous ne serions pas partis»: Albert Barras, président des yénisches, manouchs et sintis suisses se montre clair. Sans solution de repli en zone industrielle à Aigle, il serait toujours installé, avec d’autres gens du voyage, sur le terrain en herbe des Glariers. «Pour nous, la priorité était qu’ils quittent cet emplacement communal», dixit le nouveau municipal en charge de la Police, Pierre Ruggiero. «Aucune demande officielle ne nous a été adressée pour occuper ces lieux. Par contre, ce sont ces gens qui ont choisi de se rendre en zone industrielle, pas la municipalité.»

Albert Barras admet, lui, avoir squatté un terrain public, samedi : «Je suis obligé de me comporter ainsi parce que les Municipalités et les cantons, m’y obligent. Sinon je reste toute la journée sur la route. En Suisse, la Constitution n’est pas appliquée (ndlr : le libre choix du lieu de domicile et du lieu de séjour sont garantis moyennant qu’ils n’entravent pas les libertés d’autrui), cela m’oblige à renter dans l’illégalité. En clair, l’homme estime que la Romandie, a contrario de la Suisse allemande, ne possède pas suffisamment de places officielles pour les gens du voyage suisses. «Idéalement, nous désirerions bénéficier d’un espace de 3000 m2 avec eau, électricité et sanitaires par district. En contrepartie, nous payerions les 15 francs par jour et par personnes prévus. Les places officielles ? C’est pour les gens du voyage étrangers!»

Les yenischs espèrent rester jusqu’à dimanche 21 août. «Nous avons du travail à effectuer dans la région», conclut notre interlocuteur. Une négociation aura lieu avec les propriétaires de l’emplacement, certainement ce lundi.