Le Suisse arrêté en Allemagne faisait bien du contre-espionnage pour le Service de renseignements de la Confédération

Le ressortissant suisse au centre d'une mini-tempête diplomatique entre Berne et Berlin était bien un espion. Il a été mandaté il y a 5 ans, au plus fort de la pression internationale contre le paradis fiscal helvétique, par le Service de renseignements de la Confédération pour une mission de contre-espionnage.

03 mai 2017, 20:05
Le Suisse a bien été mandaté par le Service de renseignements de la Confédération.

Le présumé espion suisse arrêté en Allemagne a bien été mandaté par le Service de renseignements de la Confédération (SRC). C'est ce qu'a déclaré Corina Eichenberger, vice-présidente de la délégation des commissions de gestion, chargée de la surveillance du SRC.

"Nous nous sommes occupés du cas il y a cinq ans. Le SRC nous l'avait soumis à l'époque", a expliqué mercredi la conseillère nationale (PLR/AG), confirmant une information de plusieurs médias.

Ce ressortissant suisse travaillait alors pour le SRC, à un moment où le paradis fiscal helvétique était sous forte pression. "L'Allemagne a pratiqué de l'espionnage économique en achetant des CD-Rom contenant des données bancaires" pour débusquer les fraudeurs allemands du fisc, a ajouté Mme Eichenberger.

Dans le cadre du contre-espionnage, le SRC a voulu savoir qui avait donné l'ordre d'acheter ces données. L'agent secret a alors été engagé. "D'après ses informations, des mandats d'arrêt ont été émis contre trois inspecteurs du fisc allemand pour soupçons d'espionnage économique".

Contre-espionnage "normal"

Le contre-espionnage fait partie des tâches du SRC, a ajouté Mme Eichenberger. A l'époque, tout s'est déroulé correctement dans le cadre légal. "Si nous avions vu les choses autrement, nous serions intervenus et pour le moins tancé le SRC pour ses agissements". Actuellement toujours, la conseillère nationale considère que le SRC a agi comme il faut.

Mme Eichenberger ne pense pas que l'arrestation de l'homme à Francfort soit en lien avec ses activités d'il y a cinq ans. "Ce qui se passe maintenant est probablement une chose tout à fait différente", a-t-elle dit à l'ats. Jeudi, la délégation des commissions de gestion entend se faire informer en détail des raisons de l'arrestation.

Pas d'altération

De son côté, le conseiller aux Etats Joachim Eder (PLR/ZG), président de la délégation pour les relations avec le Bundestag allemand, ne pense pas que l'affaire du présumé espion suisse va gâter à long terme les relations entre les deux pays. Des politiciens allemands avaient, eux, exprimé leur mécontentement.