Le faim menace un quart de la population en Centrafrique

En raison des combats entre chrétiens et musulmans, la faim menace un quart de la population centrafricaine selon le Programme alimentaire mondial.

17 déc. 2013, 07:12
Internally displaced people (IDP) wait for their rations at a World Food Program food distribution point, one kilometer from the airport where an IDP makeshift camp is set up in Bangui, Central African Republic, Friday Dec. 13, 2013.  Over 30,000 are believed to has seek refuge around the airport. Elsewhere in town, French troops backed by an helicopter traded fire with unidentified assailants  as France's Defense Minister Jean-Yves Le Drian arrived in Bangui. More than 500 people have been killed over the past eight days in sectarian fighting in Central African Republic. (AP Photo/Jerome Delay)

Un quart de la population de la République centrafricaine risque de souffrir de la faim en raison des combats entre milices chrétiennes et musulmanes, a annoncé lundi la directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (Pam).

Ertharin Cousin a prévenu que la sécurité, dans la capitale Bangui et dans le pays en général, n'était toujours pas garantie malgré la présence des militaires français de l'opération Sangaris et des soldats de la force africaine, la Misca, ce qui rend difficile la distribution de l'aide humanitaire.

Plus de 500'000 personnes ont fui leur domicile depuis la prise de pouvoir par les milices musulmanes de la Séléka en mars dernier. L'offensive que les milices chrétiennes "anti-balakas" ont lancé le 5 décembre à Bangui et les représailles qui ont suivies ont fait un demi-millier de morts et quelque 160'000 déplacés dans la seule capitale, selon les chiffres de la directrice du Pam.

Situation changeante

Elle souligne que la situation sur le terrain est particulièrement changeante, car certains secteurs, accessibles un jour, ne le sont plus le lendemain. Au total, précise-t-elle, un quart des 5,2 millions de Centrafricains sont considérés comme n'ayant pas un accès assuré à la nourriture, à la suite de la montée des violences depuis le 5 décembre.

"Nous estimons désormais qu'il y a approximativement 1,1 à 1,3 million de personnes qui risquent de connaître la faim", déclare Ertharin Cousin, qui se trouvait à Johannesburg après avoir assisté dimanche aux funérailles de Nelson Mandela. "Notre but est de faire en sorte que nous puissions tous les atteindre, en permanence, sur les six prochains mois",

"Comme les fermiers n'ont pas pu accéder à leurs fermes, ils ont manqué le moment des semailles de sorte que quand nous arriverons à la moisson au printemps, cette (menace de la faim) va sans doute s'exacerber", ajoute-t-elle.