Coronavirus: en cas de légers signes d’infarctus ou d’AVC, il ne faut pas hésiter à appeler les secours

Avec la deuxième vague de coronavirus, les victimes d’infarctus du myocarde ou d’AVC hésitent de nouveau à appeler le 144. Un réflexe de repli très dangereux.

12 nov. 2020, 16:30
En cas d'infarctus ou d'AVC, il faut consulter. Au plus vite.

«Nous constatons de nouveau une baisse des consultations urgentes en relation avec les infarctus, ou alors des patients qui consultent tardivement, avec des dégâts déjà irréversibles.» Chef du service de cardiologie du Centre hospitalier du Valais romand (CHVR), le Dr Grégoire Girod ne cache pas son inquiétude. En cette période de pandémie, les mauvais réflexes ressortent, comme au printemps dernier.

Certains craignent peut-être d’être infectés par le coronavirus à l’hôpital ou s’inquiètent de le surcharger.
Grégoire Girod, chef du service de cardiologie du CHVR

De nombreux patients victimes d’infarctus du myocarde ou d’AVC hésitent en effet à appeler le 144 en cas de symptômes. «Peut-être par crainte d’être infectés par le coronavirus à l’hôpital ou par souci de le surcharger.» Les médecins prient les personnes concernées à ne surtout pas hésiter à appeler le 144 avant qu’il ne soit trop tard.

Dégâts irréversibles

«Au printemps, ce phénomène avait également été constaté au CHUV ainsi que dans de nombreux pays du monde touchés par la pandémie», rappelle le Dr Girod. Il s’agissait en général de personnes avec des douleurs thoraciques qui hésitaient à consulter par peur du contact avec le milieu médical et hospitalier. Le Dr Girod lance aujourd’hui un appel à la population afin qu’elle n’hésite pas à consulter en cas de symptomatologie cardiaque suspecte d’infarctus, dont la mortalité dépasse par ailleurs largement celle du Covid, tout comme pour les autres pathologies potentiellement graves.

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«S’ils hésitent à appeler les secours (144), ces patients peuvent n’arriver à l’hôpital que deux ou trois jours après leur infarctus, sans que l’on ne puisse plus sauver de muscle cardiaque», déplore le spécialiste. Or un infarctus pris en charge tardivement peut avoir des conséquences dramatiques, avec un risque élevé d’insuffisance cardiaque et même de décès.

par Pascal Guex