Les Suisses cartonnent à Kitzbühel

Didier Défago rafle le super-G, puis quatre de ses compatriotes se placent dans le top 10 du super-combiné: une belle journée pour le ski suisse à Kitzbühel!

26 janv. 2014, 19:37
Didier Defago s'est imposé lors du Super-G de Kitzbühel: une victoire helvétique de plus en ce dimanche 26 janvier 2014!

Deux heures après le titre de Stanislas Wawrinka à Melbourne et une heure après la victoire de Lara Gut à Cortina, Didier Défago a aussi participé à l'une des plus folles journées dans l'histoire du sport suisse. Et d'autant plus que ses trois succès sont venus de la partie latine du pays !

Cette victoire est typique de Défago. Un coureur qui a l'art de s'imposer quand on ne l'attend pas. Il serait évidemment exagéré de parler de sensation. Quand il s'agit de super-G ou de descente, le skieur de Morgins appartient toujours au cercle des outsiders. Le Valaisan restait ainsi sur une série intéressante en descente: 7e à Bormio, 10e à Wengen et 10e samedi à Kitzbühel. Une belle régularité qui, malgré tout, n'augurait en rien son triomphe de dimanche.

Mais comme lors de ses plus beaux triomphes, déjà sur la Streif en 2009 ou aux JO de Vancouver en 2010, Défago a réussi à se sublimer et, une fois n'est pas coutume, à troquer les places d'honneur pour la première marche du podium pour s'offrir sa cinquième victoire en Coupe du monde.

"Il est vrai que comme pour Stan, ma victoire peut surprendre. Enfin je dirais plutôt qu'il s'agit d'une petite surprise, étant donné que cela faisait plusieurs courses que je montais en puissance", a-t-il relevé. "J'ai repris confiance en entrant dans le top 10 à Bormio. Et depuis, je sens que je gagne en stabilité à chaque course", a-t-il ajouté.

Le vétéran de 36 ans a aussi expliqué qu'il avait utilisé sa descente de la veille pour se transcender. "Sans une faute sur le haut du parcours, je n'aurais pas été loin des meilleurs. Cela m'a énervé, mais aussi prouvé que je pouvais viser le podium si je réussissais une manche propre dimanche", a-t-il expliqué.

Miller encore battu

Le succès du Valaisan a été d'autant plus beau qu'il a devancé l'autre vétéran et superstar du circuit, Bode Miller. Un Américain qui, décidément, reste maudit à Kitzbühel. A la recherche d'un premier succès dans la Mecque du ski alpin - il n'y a gagné jusqu'ici "que" deux combinés -, il était déjà passé tout près samedi en descente en terminant au 3e rang. Et dimanche, quand il a franchi la ligne d'arrivée avec le meilleur temps, il a pensé tenir enfin sa première victoire. Mais c'était sans compter sur ce diable de Défago, parti juste après lui avec le dossard 24 et qui est venu lui chiper la première place pour cinq centièmes.

Ce podium a eu encore plus d'allure avec la présence Aksel Lund Svindal, le Norvégien partageant la 3e place avec l'Autrichien Max Franz. A noter que le trio Défago/Svindal/Miller n'avait plus partagé un podium depuis la descente aux JO de Vancouver. Reste à savoir s'ils y seront également dans deux semaines aux Jeux de Sotchi.

Les trois hommes arriveront toutefois gonflés à bloc en Russie. Tout comme Hannes Reichelt d'ailleurs. Comme Défago, il avait devancé samedi Svindal et Miller pour s'offrir la descente la plus prestigieuse du circuit et, du même coup, délivrer toute l'Autriche, sevrée de victoire en descente à Kitzbühel depuis huit ans et le succès de Michael Walchhofer lors de l'édition 2006. Et dire que le coureur de Salzbourg, touché au dos, n'avait décidé qu'en dernière minute de participer à cette course...

"Gagner Kitzbühel, c'est un rêve pour un Autrichien. Enfant, vous regardez la course à la télé et vous rêvez de la gagner un jour. Stephan Eberharter (vainqueur en 2002 et 2004) était mon idole de jeunesse. Et là, il me félicite en me disant: 'désormais, tu es aussi une légende'. C'est fou", a lâché Reichelt, tellement ébranlé qu'il est apparu méconnaissable dimanche en super-G avec un 68e rang.

Super-combiné: quatre Suisses dans le top 10

Les épreuves de Kitzbühel se sont terminées en soirée avec le super-combiné, qui prenait en compte le super-G du début d'après-midi et un slalom en nocturne. Les Suisses ont réussi un intéressant tir groupé avec quatre hommes dans les dix premiers: Mauro Caviezel (5e), Sandro Viletta (7e), Carlo Janka (8e) et Justin Murisier (9e).

Les Grisons ont montré le nez à la fenêtre. On attendait plutôt Carlo Janka, de retour en forme. Mais ce sont Mauro Caviezel, 5e à 1''79, et Sandro Viletta, deux dixièmes plus loin, qui ont surgi. Pour Caviezel (25 ans), il s'agit de loin du meilleur résultat de sa carrière. Janka, avec sa 8e place, conclut un week-end tout de même assez fructueux (6e de la descente et 8e du super-G).

La victoire est revenue à Alexis Pinturault. Dix-huitième du Super-G, le Français avait gardé ses cartouches pour le slalom. Il a fait preuve d'une belle maîtrise pour remporter le seul super-combiné de la saison composé d'un super-G et d'un slalom, après sa 2e place à celui de Wengen qui comportait une descente et un slalom. Il compte désormais six succès en Coupe du monde.

Le Norvégien Axel Lund Svindal, leader de la Coupe du monde, a enfourché et a été éliminé. Cela permet à son rival autrichien Marcel Hirscher, 3e dimanche, de revenir sur lui au général. Didier Défago a renoncé à prendre le départ du slalom.