La raclette bénie du Palp Festival

Le festival qui revisite la culture en jouant sur l’art contemporain et le terroir dédie une expo au fromage fondu qui reste visible jusqu’au 3 septembre à la Bâtiaz à Martigny

21 août 2016, 18:49
«Sanctus Caseus», une œuvre de El Supersizeten présente dans l’exposition consacrée à la raclette à la Bâtiaz.

Il adore décloisonner les genres, prendre le risque de faire cailler la raclette au son de l’électro, amener des stars du rock à l’alpage et les produits du terroir au Musée d’art du Valais. Depuis la création du Palp Festival, Sébastien Olesen a la prétention de fusionner les opposés. Il a confié  à Fabienne Defayes, ethnologue, et à Loïc Raboud, graphiste et curateur, le soin de monter une expo traitant la raclette sous un angle historique, ethnologique et artistique.

De la genèse à l'art contemporain

Oui, la raclette inspire les artistes. Loïc Raboud en a réuni une douzaine qui ont créé une œuvre pour l’expo qu’on pourra voir jusqu’au 3 septembre.

D’une vidéo de Maximilien Urfer où un fromage fondu engloutit une tour Eiffel, aux photos d’Aline Fournier évoquant un fantasme de raclette en passant par les natures mortes aux pommes de terre de Céline Salamin ou l’icône représentant Jésus en racleur, la partie contemporaine surprend. Réalisé par Dagobert Eigelsreiter et Mélanie Hugon-Duc, le court-métrage «Triptyque à la demi-pièce», 3 fromages, 3 racleurs, 3 discours, fait saliver.

La première partie, historique et ethnologique, on la doit à Fabienne Defayes. De la rotia à la raclette, l’histoire du fromage fondu défile. Pour balader le visiteur dans cette tour, l’exposition se découpe en plusieurs chapitres. "Le lieu nous a imposé des contraintes, mais au final, le résultat est très intéressant. Finalement, c'est une expo qui se visite un verre à la main."

La promotion applaudit

Avec son Palp festival, Sébastien Olesen séduit. La foule d’abord puisque jusqu’à présent, ses événements ont  fait le plein. Les acteurs du tourisme ensuite.

Invité à participer à la table ronde «Innovation culturelle et terroir: vers un électrochoc touristique? qui s’est déroulée vendredi, Nicolas Crettenand, responsable de l’agriculture auprès de Valais/Wallis Promotion dit du Palp Festival: "C’est exactement ce que nous voulons montrer du Valais. Un canton décomplexé qui jongle entre tradition et art contemporain. Aller au-delà des clichés, s’en servir pour profiler l’image d’un endroit aux paysages saisissants, aux traditions présentes mais qui vit au XXIe siècle." 

Selon lui, le Palp réunit les compétences et l’enthousiasme. "Toujours souriants, ce sont de vrais pros qui jonglent entre la culture, le terroir et l’économie, c’est une excellente vitrine pour le Valais et nous comptons développer notre collaboration l’an prochain."

L’interprofession de la vigne et du vin est aussi conquise. "J’aime l’exemple donné par le Palp Festival qui offre tant de découvertes et qui est un vrai créateur de synergies", affirme le directeur Gérard-Philippe Mabillard. Au point de leur proposer spontanément un soutien.

"L’inventivité, l’originalité, l’enthousiasme et l’audace de Sébastien Olesen et de son équipe, leur attachement aux vins du Valais – notamment par l’accueil réservé aux jeunes vignerons et à la belle mise en lumière du fendant m’ont emballé."

A l’interprofession du Raclette du Valais AOP, Urs Guntern concède que "(l’)on doit aussi aller de l’avant et oser marier la raclette avec de la culture d’aujourd’hui. C’est un bon moyen pour attirer un autre public vers nos produits."