Un Suisse parmi les cinq employés de MSF retenus en Syrie

Un des cinq membres du personnel de Médecins sans frontières (MSF) "emmenés" par un groupe dans le Nord de la Syrie jeudi soir pour être interrogés est suisse. Le siège suisse de MSF confirme samedi cette information.

04 janv. 2014, 20:15
syrie

Un des cinq membres du personnel de Médecins sans frontières (MSF) "emmenés" par un groupe dans le Nord de la Syrie jeudi soir pour être interrogés est suisse. Côté politique, le Conseil national syrien (CNS), le principal bloc au sein de l'opposition en exil, a annoncé qu'il ne participerait pas à la conférence de Montreux (VD).

"Une personne d'origine suisse se trouve parmi les employés retenus", a dit samedi à l'ats le directeur de la communication de MSF suisse, Laurent Sauveur.

"Nous vous confirmons que les membres de notre personnel disparus sont des expatriés de nationalité belge, danoise, péruvienne, suédoise et suisse", a ensuite indiqué une porte-parole de l'ONG dans un bref communiqué transmis à l'AFP à Paris.

"Nous sommes en contact avec tous les acteurs concernés sur le terrain ainsi qu'avec les familles de nos équipes. Tout est mis en oeuvre pour rétablir le contact avec nos collègues", a ajouté Laurent Sauveur. Pour leur sécurité, MSF ne donnera pas plus d'informations à ce stade.

Présence importante

MSF travaille dans six hôpitaux et quatre centres de santé au nord de la Syrie, largement occupé par les rebelles, mais où les forces loyales à Bachar al-Assad contrôlent certaines poches.

A partir des pays voisins, MSF soutient également en médicaments, matériel médical et supports techniques 27 hôpitaux et 56 postes de santé au travers de la Syrie. Par ailleurs, MSFdonne des soins médicaux aux Syriens réfugiés au Liban, en Irak, en Jordanie et en Turquie.

En septembre 2013, un chirurgien syrien travaillant pour MSF avait été tué dans le nord de la Syrie, et plusieurs humanitaires travaillant dans des zones rebelles ont été enlevés ou mis en détention.

Sur le terrain, rebelles et militants, engagés depuis près de trois ans dans une guerre contre le régime, ont lancé une "deuxième révolution", cette fois-ci contre des jihadistes affiliés à Al-Qaïda qu'ils accusent des pires abus.

Division entre opposants

Depuis vendredi, de violents affrontements opposent trois coalitions rebelles à l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe qui était jusqu'à il y a peu l'allié de la rébellion face aux forces du président Bachar al-Assad.

L'"Armée des Moujahidines", une nouvelle alliance de rebelles, s'est engagée vendredi à "combattre l'EIIL", accusé d'"enlever, torturer et tuer des commandants (rebelles) et des militants", des accusations souvent lancées également par l'opposition politique.

Celle-ci a d'ailleurs a annoncé samedi son "soutien total" aux tentatives des rebelles de "libérer les villes de l'oppression autoritaire de l'EIIL", accusé d'avoir "volé" la révolution contre Bachar al-Assad.

Outre l'Armée des Moujahidines, le Front islamique - la plus puissante coalition rebelle en Syrie - et le Front des révolutionnaires de Syrie, sont également engagés dans le combat.

Dizaines de tués récents

Dans les provinces d'Alep et d'Idleb (nord et nord-ouest), au moins 36 combattants membres ou proches de l'EIIL ont été tués et une centaine d'autres ont été faits prisionniers par ces rebelles depuis vendredi, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), proche des rebelles, faisant également état du décès de 17 rebelles. Ces éléments restent impossibles à vérifier de manière indépendante.

Les combats se poursuivaient samedi soir, en particulier dans la province d'Alep, faisant cinq tués au sein de l'EIIL, qui a de son côté exécuté un rebelle dans la région d'Idleb.

L'EIIL a réagi dans un communiqué samedi en dénonçant une "campagne" visant à "porter atteinte à l'image des vrais hommes du jihad (guerre sainte) en les représentant comme des meurtriers".

Sur le plan politique, le Conseil national syrien (CNS) a dit qu'il ne participerait pas à la conférence de paix qui doit débuter le 22 janvier à Montreux, faute de garantie sur un départ de Bachar al-Assad.

Réunie en Turquie, la Coalition nationale syrienne de l'opposition en exil doit prendre une décision définitive lundi sur sa participation à la conférence dite de "Genève II".