Thaïlande: 15 suspects détenus par l'armée suite à la vague d'attentats

Quinze suspects sont détenus par l'armée thaïlandaise suite à la série de récents attentats qui ont visés des stations balnéaires du pays. Ils doivent être présentés à la police vendredi.

18 août 2016, 10:40
Une semaine après les attentats, aucun détail n'a filtré sur l'enquête et aucune revendication n'a été faite.

L'armée thaïlandaise a annoncé jeudi détenir 15 suspects dans le cadre de l'enquête sur la série de récents attentats meurtriers dans des stations balnéaires du pays. Elle a libéré deux personnes.

"Les autorités ont arrêté 17 suspects, dont deux ont été libérés", a déclaré le colonel Burin Tongprapai, représentant de la junte militaire au pouvoir.

Il n'a pas précisé les chefs d'accusation pesant sur ces suspects, pas plus que le nombre de jours qu'a duré leur détention, dans un pays où l'armée a le droit de garder des suspects jusqu'à sept jours. Elle doit ensuite passer le relais à la police.

Dans le cas présent, les suspects, détenus sur une base militaire de Bangkok, doivent être présentés à la police vendredi, d'où la révélation de ces détentions, secrètes jusqu'ici.

 

Police critiquée

Les 11 et 12 août, onze bombes ont explosé à travers le sud de la Thaïlande, notamment dans deux stations balnéaires très touristiques, faisant quatre morts. Parmi les blessés, dix étaient des touristes étrangers. Une semaine après les attentats, aucun détail n'a filtré sur l'enquête et aucune revendication n'a été faite.

La police, aux méthodes très controversées, se refuse à privilégier la moindre piste. Les autorités ont pointé du doigt la piste d'un "sabotage local" et exclu celle du terrorisme international.

Les experts évoquent une possible vengeance de l'opposition politique (dans un climat de forte répression des libertés depuis le coup d'Etat de 2014) ou une possible attaque sans précédent des séparatistes musulmans de l'extrême sud du pays. L'opposition politique, incarnée par le mouvement des Chemises rouges soutenant l'ex-Première ministre Yingluck Shinawatra, a rejeté toute responsabilité dans ces attaques.