Lausanne: le carré musulman du cimetière du Bois de Vaux saccagé dans la nuit de vendredi à samedi

Des graffitis haineux, des fleurs arrachées, des monuments en bois renversés... le carré musulman du cimetière du Bois de Vaux, à Lausanne, a été profané dans la nuit de vendredi à samedi.

14 oct. 2017, 15:05
/ Màj. le 14 oct. 2017 à 17:37
Le carré musulman du cimetière du Bois-de-Vaux, à Lausanne, dans un triste état ce samedi matin.

Des vandales s'en sont pris au carré musulman du cimetière de Bois-de-Vaux à Lausanne. Quinze des 22 tombes qu'il compte ont été endommagées et des tags hostiles aux musulmans ont été sprayés. La Municipalité condamne fermement ces actes.

Des fleurs et plantes ont été dispersées et des pupitres de bois arrachés en fin de semaine dans cet espace confessionnel musulman. Au sol, des tags haineux avec plusieurs fautes d'orthographe: "Musulmans dehors de la Suisse", "Non à la mafia municipale corrompue. Non aux cimetières communautaristes" ou encore "Coran raciste", a pu constater samedi l'ats, après la publication d'un article de 24 heures.

Sur place, peu avant 15h00, une dizaine de personnes observaient les déprédations avec désarroi. Dans le silence.

Police scientifique appelée

Alertée en début d'après-midi, la police s'est rendue sur les lieux pour procéder à des investigations. Police judiciaire et spécialistes de la brigade de police scientifique examinent notamment le site. Dès que le déroulement l’enquête le permettra, sa remise en état sera assurée par la Ville.

Dans un communiqué, la Municipalité "in corpore condamne avec la plus grande fermeté cet acte de vandalisme inadmissible". Une plainte pénale sera déposée par les autorités.

Les proches des personnes dont les concessions ont été touchées par ces actes seront personnellement contactés par des représentants du Service de l’Economie et du Service des Parcs et domaines, précise le communiqué. Un contact a par ailleurs été établi avec le Président de l'Union Vaudoise des Associations Musulmanes.

Choqué et affecté

Contacté par l'ats, son président Pascal Gemperli se dit "choqué et affecté". "Nous ne comprenons pas que l'on puisse s'en prendre à la paix des morts, c'est triste".

Il ajoute que depuis les attentats en Europe, "ce type d'actes et les menaces sont en augmentation". "On a un problème de haine dans notre société sur lequel nous devons travailler ensemble, des différents côtés".