Harcèlement sexuel: l'islamologue genevois Tariq Ramadan mis en liberté sous conditions

Tariq Ramadan est libre. L'islamologue genevois a obtenu jeudi, à Paris, sa mise en liberté sous conditions. Il reste inculpé pour le viol présumé de deux femmes.

15 nov. 2018, 19:51
Tariq Ramadan est libre. Mais il reste inculpé pour le viol présumé de deux femmes (archives).

L'islamologue Tariq Ramadan, inculpé pour viols sur deux femmes, a clamé jeudi son innocence devant la cour d'appel de Paris chargée de statuer sur son éventuelle mise en liberté, qu'il a obtenue. C'était sa première apparition publique depuis son incarcération.

La libération de l'islamologue suisse de 56 ans est soumise au versement d'une caution de 300'000 euros, a précisé son avocat Emmanuel Marsigny. M. Ramadan, qui doit remettre son passeport suisse, a interdiction de quitter le territoire, d'entrer en contact avec les plaignantes et certains témoins. Il devra pointer une fois par semaine au commissariat.

«Défendre mon honneur»

La chambre de l'instruction a rendu cette décision, non susceptible d'appel, après avoir entendu M. Ramadan plaider lui-même sa cause avec énergie lors d'une rare audience en public jeudi après-midi, alors que le huis clos est quasi systématique à Paris en matière de détention, a constaté un journaliste de l'AFP.

"J'irai fuir où? Alors que tout va vers mon innocence (...) Je vais rester en France et défendre mon honneur et mon innocence", avait-il déclaré depuis le box pour tenter de convaincre la chambre de l'instruction de faire droit à cette quatrième demande de mise en liberté.

La cinquième a été la bonne

Celle-ci avait été rejetée la semaine dernière par les juges qui craignent notamment des "risques de pression" sur les deux femmes dont les plaintes ont lancé l'affaire à l'automne 2017 et débouchées sur la double inculpation de M. Ramadan le 2 février.

La défense avait fait appel du rejet de cette demande, déposée dans la foulée d'une nouvelle audition où M. Ramadan avait admis des relations sexuelles "consenties" avec ses accusatrices. Après un an de dénégations, la révélation d'échanges SMS sans ambiguïtés l'avait contraint à changer de version.