Centrale nucléaire de Beznau: pas de rejet dans l'Aar si la température dépasse 25 degrés

Cet été, la centrale nucléaire de Beznau, située dans le canton d'Argovie, ne pourra pas rejeter ses eaux de refroidissements dans l'Aar s'il fait plus de 25 degrés. Durant la canicule de 2018, des poissons avaient soufferts du rejet selon l'Office fédéral de l'énergie.
05 juil. 2019, 11:09
La centrale nucléaire argovienne de Beznau ne pourra pas rejeter cet été ses eaux de refroidissement s'il fait plus de 25°. (Illustration)

La centrale nucléaire argovienne de Beznau ne pourra désormais rejeter ses eaux de refroidissement dans l'Aar que si la température de la rivière ne dépasse pas 25 degrés. L'Office fédéral de l'énergie (OFEN) a introduit une réglementation en ce sens avec effet immédiat.

Dans son communiqué diffusé vendredi, l'OFEN invoque ses observations de l'été dernier. En 2018, la température de l'Aar avait largement dépassé 25 degrés en pleine canicule à proximité de la centrale nucléaire de Beznau, installée à Döttingen (AG). La nature en avait souffert, poissons en tête.

Nouvelles règles étudiées pour la suite

En vue d'une solution définitive, l'office a ouvert une procédure afin d'adapter éventuellement l'autorisation existante ou d'octroyer une nouvelle autorisation de déversement des eaux de refroidissement pour Beznau. Il a invité l'exploitant Axpo à transmettre les documents requis.

L'autorisation de déversement actuelle s'appuie sur une ordonnance de 1975, remplacée en 1999. Selon celle-ci, le déversement ne doit pas faire monter la température du cours d'eau au-dessus de 25 degrés. Des dérogations peuvent être accordées pour des motifs sécuritaires importants.

"Disproportionné", selon Axpo

Contacté par Keystone-ATS, Axpo estime que la mesure immédiate de l'OFEN constitue une restriction d'exploitation "disproportionnée", "non sensée" et qu'elle "va trop loin". Selon l'exploitant de Beznau, il n'y avait en outre aucune urgence à prendre une telle décision.

Son porte-parole Antonio Sommavilla rappelle qu'en été 2018, Axpo avait réduit volontairement la puissance de la centrale pour limiter les rejets d'eaux. La rivière n'avait pas souffert de la chaleur en aval, d'après l'entreprise qui va évaluer la suite à donner à ce différend.