Brésil 2014: de gros soupçons de matchs truqués pèsent sur le Ghana

Le quotidien britannique "The Daily Telegraph" et la chaîne "Channel Four" ont publié ce lundi une vidéo dans laquelle le président de la fédération ghanéenne de football assure qu'en payant des arbitres, ils peuvent "travailler" pour n'importe qui.
23 juin 2014, 13:12
Le président de la fédération ghanéenne, à droite de l'image, a proposé aux journalistes de vendre des matchs de l'équipe nationale pour 150'000 francs.

C'est une petite bombe qui vient d'exploser dans le ciel ghanéen, alors que les Etoiles Noires viennent de tenir en échec l'ogre allemand dans leur deuxième match de cette Coupe du monde. Le président de la fédération nationale de football, un officiel et un agent FIFA ont été filmés à leur insu expliquant à de faux investisseurs et vrais journalistes qu'ils pouvaient évidemment arranger n'importe quel match de football.

Ces journalistes sont ceux du quotidien britannique Daily Telegraph et de la chaîne de télévision "Channel 4". Ils ont enquêté durant six mois sur la corruption au sein du football international et ils sont parvenus à gagner la confiance d'un agent de joueur officiel, estampillé FIFA, Christopher Forsythe. Celui-ci a fini par les mettre en contact avec Obed Nketiah, un dirigeant de la fédération ghanéenne, puis avec le président lui-même, Kwesi Nyantakyi.

Chaque entrevue est filmée en caméra cachée. Lors du premier rendez-vous, Forsythe assure que tout peut s'acheter, "les matchs, les arbitres, tout, ne vous inquiétez pas."

Dans une seconde séquence, ils sont rejoints par Obed Nketiah. Tous deux assurent qu'ils peuvent truquer n'importe quel match joué par le Ghana.

150'000 francs le match

A la troisième séquence, Kwesi Nyantakyi, le président de la fédération ghanéenne intervient et soutient la démarche. Selon le Daily Telegraph, chaque match truqué coûterait un peu plus de 150'000 francs par match arrangé avec l'équipe du Ghana. "On a juste à placer nos officiels à qui on a graissé la patte et ils le feront...et vous vous ferez de l'argent", assure Forsythe qui renchérit en affirmant que la corruption existe partout dans le football, de la FIFA, en Suisse, jusqu'à la fédération du Sud Soudan. "Les arbitres peuvent changer un match n'importe quand. Ça arrive même en Angleterre."

L'agent est certain de son coup et ils donne une liste de pays en Afrique et en Europe, dont les officiels peuvent être facilement corrompus. "Vous leur dites simplement que quelque chose est en train de se passer en Extrême-Orient sur ce match. On a besoin d'un 3-2 pour l'adversaire. Vous vous ferez de l'argent et ils vont juste penser que l'arbitre nous a volés. Et ça va durer 24 heures. Après ils vont manger, prendre une cuite. Ils oublient tout et se tournent vers le prochain match.

Enquête ouverte

Forsythe insiste: la corruption est présente partout dans le monde du foot. "Regardez à Rio. C'est ça le football. Regardez la corruption qu'il y a là-bas. Regardez le Qatar. Qui leur a donné la Coupe du monde?"

De son côté, le président Kwesi Nyantakyi propose aux supposés investisseurs de mettre sur pied des matchs-tests, pour prouver que le système fonctionne. "Il y a une opportunité en août et en décembre, mais je n'en suis pas sûr. Mais ces mois sont les seuls au cours desquels on peut organiser des matchs amicaux."

A la suite de ces révélations, la fédération ghanéenne a demandé à la police d'enquêter sur ses deux officiels impliqués. "Les sanctions seront lourdes si ces allégations sont vraies."