Chris Froome: "Lance a triché, je ne triche pas"

Le maillot jaune du Tour de France Chris Froome et l'équipe Sky n'ont pas caché lundi leur exaspération de voir leurs performances mises en cause, au lendemain de l'impressionnante victoire du Britannique au sommet du Mont Ventoux.

15 juil. 2013, 14:23
Christopher Froome ne veut rien savoir de ses comparaisons avec les performances d'Armstrong.

La conférence de presse tenue lundi matin à l'hôtel de la formation britannique Sky, à laquelle appartient Chris Froome, a duré un peu plus d'un quart d'heure. Six des dix questions qui ont été adressées au maillot jaune et au manager de l'équipe Dave Brailsford étaient liées au dopage.

Et rapidement, un inhabituel agacement a point chez le placide Chris Froome. Quand un journaliste lui a demandé pourquoi il s'était dit honoré la veille d'être comparé à Lance Armstrong pour sa victoire au sommet du mythique Ventoux, il a immédiatement corrigé, calmement mais fermement: "Je n'ai jamais dit que j'étais honoré, j'ai dit que je prenais ça comme un compliment parce qu'il a gagné ces courses. Une fois dit cela, me comparer à Lance... Lance a triché, je ne triche pas. Point final."

Fierté

"Je sais au plus profond de moi que je me suis entraîné extrêmement dur pour en arriver là. Je sais que tous mes résultats sont le fruit de ma détermination. J'ai le soutien d'une équipe fantastique. C'est tout l'ensemble de ces choses (réd: qui font sa réussite). Les gens peuvent parler d'autres choses, je ne peux pas, je ne sais rien de ces choses-là. Je sais ce que j'ai fait et j'en suis fier", avait-il assuré une minute plus tôt.

"Je trouve ça triste d'être assis là au lendemain de la plus grande victoire de ma carrière et de parler de dopage. Mes équipiers et moi-même avons passé des semaines loin de chez nous, à nous entraîner, à nous tuer au travail... Et on m'accuse d'être un tricheur et un menteur, ce n'est pas cool", a-t-il insisté.

Le manager Dave Brailsford a également montré son exaspération face au feu roulant de questions sur le dopage depuis le début du Tour.

Interrogé une nouvelle fois sur le sujet, il a expliqué: "La dernière mode, c'est les données sur la puissance: trouver, comparer, interpréter des chiffres pour rendre évident que nous nous dopons. Les gens aimeraient qu'on rende publiques nos données. Je ne pense pas que les diffuser telles quelles serait la bonne chose à faire", a-t-il estimé en allusion au travail mené notamment par l'ancien entraîneur de l'équipe Festina entre 1995 et 1998 Antoine Vayer.

Passeport biologique

Brailsford a plaidé pour une utilisation approfondie du passeport biologique, dispositif mis en place en 2009. "On pourrait encourager l'AMA (Agence mondiale antidopage) à venir vivre avec nous, regarder nos données, avoir accès à tous les dossiers d'entraînement, les comparer aux résultats sanguins, au poids, toutes ces données qu'elle pourrait avoir sur une base régulière... L'AMA serait une bonne instance pour rassembler ces informations et pourrait dire au monde si c'est crédible ou non", a-t-il estimé.

"Et pourquoi vous (les journalistes), vous ne vous réuniriez pas, réfléchissez et me dites ensuite ce que nous pourrions faire pour que je n'aie plus à répondre à ces questions ?", a-t-il ensuite lancé.

Après sa victoire au sommet du Mont Ventoux, Chris Froome compte 4'14''sur son premier poursuivant, le Néerlandais Bauke Mollema.