Une baleine à bec en eaux peu profondes il y a 9 millions d'années

Un paléontologue belge a découvert des fossiles d'une baleine à bec datant d'il y a neuf millions d'années. Le scientifique a aussi mis au jour un fossile de son dernier repas.
10 sept. 2015, 07:30
Des baleines à bec au large de Saint-Leu à La Réunion (France).

Un paléontologue belge a mis au jour les fossiles vieux de 9 millions d'années d'une baleine à bec et de son dernier repas au Pérou. Cette découverte extrêmement rare suggère que certaines espèces fossiles de cette famille vivaient en eaux peu profondes, contrairement aux espèces modernes.

Les baleines à bec actuelles - des odontocètes - se nourrissent de calmars et poissons qu'elles détectent avec leur sonar à des profondeurs pouvant atteindre 3000 mètres. Ayant peu de dents, elles capturent leurs proies en les aspirant.

Cependant, la dentition de certaines espèces fossiles, plus développée, suggère que celles-ci capturaient leurs proies à l'aide de leurs mâchoires. Jusqu'à présent, on ne pouvait que faire des suppositions concernant leurs proies.

Mais une équipe internationale incluant le paléontologue belge Olivier Lambert, a exhumé en 2014, lors de fouilles menées dans le désert de Pisco-Ica, au sud du Pérou, le squelette d'une baleine à bec entouré de dizaines de poissons fossilisés, ce qui est extrêmement rare, a indiqué mercredi l'Institut royal des Sciences naturelles dans un communiqué.

Niche écologique proche du dauphin

Ces poissons, retrouvés au niveau de la gueule et du ventre de la baleine à bec, sont de proches parents de la sardine actuelle, qui vit le long de la côte pacifique de l'Amérique du Sud.

"Les sardines étant des poissons vivant en grands bancs, à proximité de la surface, cette découverte suggère que certaines baleines à bec, il y a 9 millions d'années, ne se nourrissaient pas à grandes profondeurs, mais occupaient une niche écologique proche de celle de certains dauphins océaniques actuels", affirme Olivier Lambert.

"D'autres baleines à bec sont descendues de plus en plus profondément à la recherche de nourriture et se sont spécialisées dans la technique d'aspiration. L'extinction des baleines à bec évoluant en eaux peu profondes pourrait être liée à l'apparition et à la diversification remarquable des vrais dauphins", poursuit-il.

L'étude, réalisée en collaboration avec des scientifiques italiens, néerlandais, français et péruviens, est publiée dans la revue britannique Proceedings of the Royal Society B.