Présidentielle US: le péril informatique plane sur la démocratie

L'intrusion dans les systèmes informatiques du parti démocrate par des hackers russes illustre un nouveau péril sur la démocratie. La réflexion de Xavier Filliez sur la question constitue le dernier épisode de notre road trip américain.

09 août 2016, 15:24
/ Màj. le 12 août 2016 à 06:30
Le vote électronique n'est peut-être pas à l'abri des hackers.

Xavier Filliez

Les déclarations atomiques de Donald Trump, les e-mails évaporés d'Hillary Clinton, le grossier plagiat de Michelle Obama, l'improbable succès de Bernie Sanders, la navrante prestation de Jeb Bush. On pensait avoir atteint le paroxysme dans les péripéties de campagne.

Et puis il y eût le piratage de deux organes exécutifs du Parti Démocrate, le DNC (Comité national des Démocrates) et le DCCC (Comité de campagne de la Chambre des représentants). 20 000 échanges d'e-mail interceptés et publiés, révélant, entre autres, que les cadres du parti faisaient tout pour favoriser Clinton au détriment de Sanders. Démission de deux membres dirigeants à la clé.

La fuite est-elle l'oeuvre de hackers russes? C'est la piste du FBI. A-t-elle été commanditée par le Kremlin? Cela reste à prouver. Mais si c'était le cas, l’objectif politique de cette attaque qui déstabilise les Démocrates au profit de Donald Trump ne serait pas complètement invraisemblable. Trump est plutôt favorable à la levée des sanctions diplomatiques et économiques sur Moscou pour l’invasion et l’occupation de l’Ukraine. Comme Poutine, il hait l'OTAN. Et, dans l'ensemble, il se montre très peu enclin à donner des leçons aux Russes en matière de démocratie et de droits de l’homme.

Retour à la Guerre Froide

L'espionnage de puissances ennemies ou concurrentes n'est pas une nouveauté. Face à ces révélations, la presse a d'ailleurs vite fait de convoquer la rhétorique de la Guerre Froide, le cyberfare ou les grandes heures de l’espionnage et du sabotage informatique. En matière de cyber-guerre, les traités et les lois internationales sont absentes. Quelques normes, tout au plus, définissent ce qui est acceptable de ce qui ne l’est pas.

Retrouvez l'intégralité de cette article dans nos éditions papier du vendredi 12 août et le road trip multimédia en suivant ce lien.