Ouverture très chahutée du salon de l'auto à Paris

Des salariés de l'usine Peugeot Citroën d'Aulnay ont bruyamment fait entendre leur voix samedi à Paris, à l'ouverture au public du Salon de l'automobile. Le ministre Arnaud Montebourg a renoncé à se rendre sur place alors qu'il y était pourtant annoncé.

29 sept. 2012, 20:59
Les salariés de Ford ont traversé les allées du salon de l'auto de Paris bras levés en tenant des autocollants avec l'inscription «Ford, sauvons les emplois».

Une cinquantaine de salariés de PSA à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), conduits par le principal syndicat de l'usine, ont  d'abord distribué aux visiteurs des cartons rouges, symboles de  leurs inquiétudes après l'annonce de la fermeture du site en 2014.

Ces cartons étaient en réalité destinés à Arnaud Montebourg, le ministre français du Redressement productif, rebaptisé «ministre improductif» par les manifestants qui l'ont attendu en vain. M. Montebourg avait des obligations dans son département de Saône-et-Loire, a affirmé à l'AFP le ministère, en assurant qu'il n'avait  jamais été question pour lui de venir ce week-end au salon.

Sur son compte Twitter, le ministre a finalement indiqué qu'il se rendrait «comme prévu» à ce salon samedi prochain: «je veux rencontrer les salariés de PSA que j'ai déjà vus à trois reprises et qui défendent légitimement leur travail», a-t-il écrit.

Déçus mais «pas surpris» par cette absence, les employés de PSA  se sont dirigés vers les stands Citroën et Peugeot pour haranguer la foule des premiers visiteurs et tenter de convaincre, sans succès, les hôtesses de porter leurs badges.

Voitures Ford arrosées
Les ouvriers d'Aulnay à peine sortis du salon, ce sont quelque 360 salariés d'une autre usine, celle de Ford Blanquefort, près de Bordeaux, qui ont débarqué, menés par Philippe Poutou, membre CGT de l'intersyndicale du site et ancien candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) à l'élection présidentielle française. Ils ont été rejoints par Olivier Besancenot, ancien porte-parole du NPA, et Jean-Luc Mélenchon, figure de proue du Front de Gauche.

M. Mélenchon a dénoncé ces entreprises dont l'objectif premier est «comment faire du fric», notant que «dans l'automobile, le défi est particulièrement important». «Nous savons que nous devons sortir de l'énergie carbonée et du pétrole et nous ne pourrons le faire sans inventivité». «Ce sont les travailleurs qui ont ce savoir- faire», a-t-il dit.

Les salariés de Ford ont ensuite traversé les allées bondées, bras levés et tenant des autocollants avec l'inscription «Ford, sauvons les emplois», au cri de «rien n'est à eux, tout est à nous», sous les yeux de plusieurs visiteurs ébahis mais plutôt compréhensifs.

En quelques minutes, une pluie de confettis s'est ensuite abattue sur le stand du constructeur américain, alors que la quinzaine de véhicules présentée étaient recouverts d'autocollants. Après avoir posé pour les photographes, le cortège a regagné la sortie.