Naufrage en Corée du Sud: trois membres de l'équipage sous mandat d'arrêt

Le capitaine et deux membres d'équipage du ferry qui a coulé il y a deux jours en Corée du Sud sont sous mandat d'arrêt.
18 avr. 2014, 13:49
Cranes wait near the buoys installed to mark the sunken 6,852-ton ferry Sewol in the water off the southern coast near Jindo, south of Seoul, South Korea, Friday, April 18, 2014. Rescuers scrambled to find hundreds of ferry passengers still missing Friday and feared dead, as fresh questions emerged about whether quicker action by the captain of the doomed ship could have saved lives. (AP Photo/Lee Jin-man)

La justice sud-coréenne a émis vendredi des mandats d'arrêt contre le capitaine et deux membres de l'équipage du ferry qui a coulé en milieu de semaine au large de la Corée du Sud, a annoncé un responsable des garde-côtes. Plus de deux jours après le drame, 268 personnes manquent encore à l'appel.

"L'équipe d'enquête commune de la police et des procureurs a émis des mandats pour arrêter trois membres de l'équipage, dont le capitaine", a dit à l'AFP ce responsable au siège des garde-côtes à Makpo. Se trouvaient à bord 475 personnes, dont 352 lycéens. Plus de deux jours après le drame, 268 personnes manquaient à l'appel et aucun rescapé n'a été retrouvé depuis mercredi.

Bâtiment inaccessible

Les derniers corps récupérés flottaient dans la mer tandis que des centaines de plongeurs déployés sur le site, à une vingtaine de kilomètres de la côte méridionale, ne pouvaient toujours pas pénétrer dans le bâtiment en raison de violents courants et d'une météo qui se détériore.

Il s'agit de tenter de retrouver d'éventuels survivants qui se seraient réfugiés dans des poches d'air, une hypothèse de moins en moins crédible au fur et à mesure que le temps passe. "Deux plongeurs injectent de l'oxygène dans le bateau", ont indiqué les garde-côtes.

Le capitaine était à l'arrière

Trois grues géantes flottantes sont arrivées sur les lieux, mais elles ne commenceront le relèvement de l'épave qu'une fois tout espoir perdu de retrouver des survivants, a indiqué le chef régional des garde-côtes, Kim Soo-Hyun.

Le procureur a indiqué vendredi qu'au moment de l'accident, survenu à 9 heures, le ferry était dirigé par un officier subalterne et non par le capitaine. Le capitaine Lee Joon-Seok, violemment critiqué par les proches des disparus pour avoir quitté le navire alors que des centaines de passagers se sont retrouvés piégés, était "à l'arrière", a indiqué Park Jae-Eok lors d'une conférence de presse, sans donner de détails.

L'opérateur du Sewol, Chonghaejin Marine Co., a indiqué que le capitaine, un homme de 69 ans, avait de nombreuses années d'expérience et effectuait depuis huit ans la liaison Incheon-Jeju, sur laquelle l'accident s'est produit.

Un grand bruit puis un arrêt

Les causes de ce drame ne sont pas connues. Le capitaine a affirmé qu'il n'avait pas heurté de rocher tandis que de nombreux passagers disent avoir entendu un grand bruit suivi d'un arrêt soudain du ferry, ce qui pourrait signifier que le navire a heurté le fond ou percuté un objet immergé.

Des experts évoquent aussi la possibilité que la cargaison du navire, quelque 150 véhicules, se soit déplacée, le déséquilibrant irrémédiablement.

Violentes critiques des proches

La colère des proches des victimes et disparus s'amplifie tous les jours. Les parents notamment, dévorés d'angoisse et de chagrin, critiquent violemment les autorités, accusées d'indifférence et de tromperie.

"Le gouvernement a menti, hier", a déclaré vendredi un homme, qui dit parler au nom de tous les parents, dans une intervention retransmise en direct à la télévision sud-coréenne.