Mexique: le sous-commandant Marcos ne dirige plus la guérilla zapatiste

Leader historique de la guérilla zapatiste au Mexique, le sous-commandant Marcos a annoncé qu'il ne dirigeait plus le mouvement révolutionnaire. Il en était le porte-parole depuis 20 ans.

26 mai 2014, 06:57
Le sous-commandant Marcos portait toujours une cagoule lorsqu'il apparaissait en public.

Le sous-commandant Marcos a annoncé dimanche qu'il abandonnait la direction de la guérilla mexicaine EZLN. Son départ n'est pas dû à des raisons de santé, mais parce qu'il y avait eu des "changements internes" dans son organisation.

"Le remplacement au commandement n'intervient pas pour maladie ou pour décès, ni pour mutation interne, purge ou épuration", mais est dû à "des changements internes qu'a connus et que connaît l'EZLN", l'Armée zapatiste de libération nationale, est-il écrit dans son communiqué de plus de dix pages. Cette guérilla a été créée en 1994 dans l'Etat mexicain du Chiapas (sud-est).

Le sous-commandant Marcos, de son vrai nom Rafael Sebastián Guillén, né en 1957, écrit dans son style ironique habituel qu'en accord avec la direction de l'EZLN "Marcos cesse d'exister aujourd'hui".

Il était réapparu samedi après des années d'absence, à l'occasion des funérailles d'un de ses sergents dans le Chiapas, dans un quartier indigène de la ville de Las Margaritas, un bastion de l'Armée zapatiste de libération nationale.

Sa longue disparition avait alimenté les rumeurs selon lesquelles il avait une grave maladie. Un ancien négociateur gouvernemental avec ce groupe, Luis Alvarez, a à cet égard affirmé dans un livre qu'il souffrait d'un cancer du poumon.

Avec son éternel passe-montagne sur le visage, le sous-commandant Marcos a été le porte-parole du zapatisme à partir du soulèvement armé organisé par l'EZLN dès le 1er janvier 1994 pour défendre les droits sociaux du Chiapas. Il s'agit d'une des régions mexicaines ayant la plus forte proportion de population indigène du Mexique et ayant un niveau élevé de pauvreté et d'analphabétisme.