Irak / Syrie: la coalition contre l'Etat islamique s'organise

Washington et dix pays arabes se sont engagés jeudi à combattre l'Etat islamique en Irak et en Syrie.

11 sept. 2014, 19:28
"L'objectif est clair: nous affaiblirons et, à terme, détruirons l'EI", a dit Barack Obama.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a mobilisé jeudi les alliés des Etats-Unis au Moyen-Orient afin de "détruire" les jihadistes de l'Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie. Parallèlement, le régime syrien a mis en garde contre des frappes sans son accord.

Barack Obama ayant annoncé que les Etats-Unis étaient prêts à traquer les combattants jihadistes en Syrie, et non plus seulement en Irak, la dimension du conflit a changé. L'annonce a été saluée par l'opposition syrienne, principale bénéficiaire du plan d'action détaillé dans la nuit de mercredi à jeudi par M. Obama.

Cependant, le régime de Bachar al-Assad a prévenu Washington que "toute action sans l'accord du gouvernement syrien serait considérée comme une attaque contre la Syrie". La Russie a également déclaré que des frappes en Syrie sans l'aval de l'ONU constitueraient une "violation grossière" du droit international.

Eradiquer l'EI

Les Etats-Unis ont lancé une offensive diplomatique pour rallier un maximum d'Etats à leur stratégie visant à éradiquer l'EI. John Kerry a ainsi rencontré jeudi à Jeddah, en Arabie saoudite, ses homologues de dix pays arabes et de Turquie pour s'entendre sur sa mise en oeuvre.

"L'objectif est clair: nous affaiblirons et, à terme, détruirons l'EI", a dit Barack Obama, évoquant une "organisation terroriste qui n'a d'autre vision que le massacre de tous ceux qui s'opposent à elle".

Pour mener cette guerre "implacable", "je n'hésiterai pas à agir contre l'EI en Syrie, comme en Irak", a-t-il expliqué.

Pas de troupes au sol

Les avions américains devraient donc effectuer des raids aériens contre les positions de l'EI en Syrie, outre ceux menés en Irak qui se sont révélés déterminants dans la reprise de secteurs aux jihadistes. L'envoi de troupes de combat au sol reste néanmoins exclu.

Dans le cadre de ce combat, M. Obama s'est engagé à renforcer l'armée irakienne et à accroître l'assistance militaire aux rebelles syriens considérés comme des modérés, qui combattent aussi bien le régime de Damas que les jihadistes de l'EI.

Large coalition

"Avec un nouveau gouvernement irakien en place et à la suite de consultations avec les alliés à l'étranger et avec le Congrès, je peux annoncer que l'Amérique dirigera une coalition large pour annihiler cette menace terroriste", a lancé le président américain.

Cette coalition sera forgée avec les partenaires des Etats-Unis au Moyen-Orient, de plus en plus préoccupés par la montée en puissance de l'EI dans la région. L'Arabie saoudite en est l'élément-clef.

Ce pays ainsi que Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, le Qatar, Oman, l'Egypte, l'Irak, la Jordanie, le Liban et les Etats-Unis ont déclaré jeudi leur engagement de se tenir unis contre la menace de l'EI.

En Occident, la Grande-Bretagne, d'abord rétive à frapper l'EI notamment en Syrie, semblait revenir sur ses positions, le Premier ministre britannique David Cameron déclarant jeudi "n'exclure rien".

Base turque à disposition

Ankara a fait savoir en revanche que la Turquie ne prendrait pas part aux opérations armées au sein de la coalition internationale. Le pays "se concentrera entièrement sur les opérations humanitaires", a précisé une source gouvernementale à l'AFP.

Ce responsable a cependant affirmé que la Turquie pourrait autoriser la coalition à utiliser sa base militaire d'Incirlik, dans le sud du pays, pour des opérations purement logistiques.

Emissaire de l'ONU en Syrie

Le nouvel émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a pour sa part affirmé à Damas qu'il fallait affronter les jihadistes tout en favorisant un processus politique pour mettre fin à la guerre civile en Syrie, après sa rencontre avec Bachar al-Assad.

M. de Mistura devait encore rencontrer des opposants syriens de l'intérieur, tolérés par le régime. Ces derniers pourraient lui demander d'organiser de nouvelles négociations à Genève.