François ne voulait pas vraiment être pape

Le pape François s'est laissé aller à quelques plaisanteries lors d'une rencontre avec des jeunes vendredi à Rome. Il a notamment admis qu'il n'avait pas vraiment voulu devenir pape.

07 juin 2013, 14:28
Le nouveau pape François a rendu hommage à son prédécesseur Benoît XVI pour son "geste courageux et humble" devant les cardinaux dans la Salle Clémentine au Vatican.

François a plaisanté sur les difficultés de son métier de pape vendredi à Rome devant des milliers de jeunes élèves et enseignants des écoles jésuites. Il a affirmé qu'il ne voulait pas vraiment devenir le chef de l'Eglise catholique.

Répondant à la question d'un enfant, il a expliqué sur un ton léger: "quelqu'un qui aurait voulu, qui aurait eu envie d'être pape, Dieu ne l'aurait pas béni. Moi je ne voulais pas faire le pape".

Le pape élu le 13 mars recevait plus de 9000 personnes, des élèves d'écoles jésuites et leurs familles, des anciens élèves et enseignants d'Italie et d'Albanie. L'ancien archevêque de Buenos Aires est lui-même issu de la congrégation des Jésuites.

Il a répondu de façon improvisée et avec sa chaleur habituelle aux questions souvent directes et ingénues posées par les enfants.

Vivre entouré

Interrogé sur son refus de s'installer dans l'appartement pontifical, le pape François a expliqué: "Une fois un professeur m'a posé la même question, je lui ai dit: "pour des motifs psychiatriques"".

"Pour moi c'est un problème de personnalité, j'ai besoin de vivre entouré de gens, je ne peux pas vivre seul", a-t-il continué dans un grand sourire, en estimant que "ce ne serait pas bien s'il était isolé" dans l'appartement pontifical.

Et à propos de son renoncement aux fastes de sa fonction, il s'est insurgé contre la persistance de grandes injustices: "dans ce monde qui offre tant de richesses, tant de ressources suffisantes pour nourrir tout le monde, on ne comprend pas qu'il y ait encore tant d'enfants affamés, sans éducation, tant de pauvres".

Crise des valeurs

A propos de la crise économique qui frappe durement l'Italie, il a souligné que "le monde entier vit un moment de crise". "Mais il faut savoir lire cette crise", a-t-il dit, soulignant que "c'est d'abord une crise de la valeur de la personne humaine".

Citant un récit sur la construction de la Tour de Babel par les Hébreux, il a souligné que "fabriquer une brique était difficile et chaque brique était un vrai trésor. Si une brique tombait de la tour c'était une tragédie, si un homme tombait, rien ne se passait". "La crise que nous vivons est la crise de la personne, qui ne compte plus, seul l'argent compte", a-t-il martelé.

A cette assemblée de jeunes, il a tenu à dire "de ne pas se laisser voler l'espoir par l'esprit de vanité, l'orgueil...". "Jésus s'est fait pauvre pour nous, la pauvreté sème l'espérance", a-t-il dit.

Le pape a aussi exhorté les chrétiens à s'engager en politique. "C'est une obligation pour les chrétiens qui ne peuvent pas s'en laver les mains comme (Ponce) Pilate". "La politique est la forme la plus haute de la charité car elle cherche le bien commun", a-t-il dit.