Ebola: l'OMS a déjà recensé 2296 morts en Afrique de l'Ouest

Le nombre de décès dus à la fièvre hémorragique Ebola a grimpé en flèche ces derniers jours. 200 victimes supplémentaires ont été recensées depuis la samedi dernier, portant à près de 2300, le total depuis le début de l'épidémie.

09 sept. 2014, 17:10
L'OMS constate une augmentation exponentielle des infections et le bilan des morts suit inévitablement.

Les pays africains en proie à l'épidémie Ebola tentaient mardi de s'organiser pour "freiner la transmission" de la maladie, première étape dans la "guerre contre le virus", selon l'OMS. Cette dernière a reconnu qu'il serait irréaliste de vouloir arrêter la propagation de la maladie dans les zones où le nombre de cas "augmente exponentiellement".

Par ailleurs, un médecin de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) contaminé dans l'est de la Sierra Leone, aux confins de la Guinée et du Liberia, épicentre de l'épidémie, était en cours d'évacuation. Il s'agit vraisemblablement du patient qui devait être transféré aux Etats-Unis mardi, bien qu'aucun détail n'ait été donné sur son identité.

L'épidémie a déjà fait 2288 morts (sur 4269 cas) en Afrique de l'Ouest, dont près de la moitié lors des derniers 21 jours, selon le dernier rapport publié mardi par l'OMS.

Il faut y ajouter 21 cas et huit morts au Nigeria et trois cas au Sénégal, soit au total 4293 cas et 2296 morts. C'est 200 morts de plus en quatre jours. Dans le détail, l'épidémie se propage nettement plus vite au Liberia.

"Stratégie en deux étapes"

L'OMS a reconnu qu'il serait irréaliste à ce stade de vouloir arrêter la propagation du virus dans les zones où le nombre de cas "augmente exponentiellement", comme dans la capitale libérienne Monrovia, se fixant pour objectif de la freiner.

Dans ces zones, "nous visons une stratégie en deux étapes: d'abord réduire la transmission autant que possible, puis quand elle deviendra contrôlable, nous essaierons de l'arrêter complètement", a déclaré le Dr Sylvie Briand, directrice de l'épidémiologie à l'OMS.

Centres de traitement saturés

La saturation des centres de traitements (240 lits disponibles dans la province de Monrovia, et 260 en cours d'installation, pour des besoins estimés à 1000) favorise la contagion, a souligné l'OMS. Les malades, obligés de rester dans leur quartier, "contaminent inévitablement" leur entourage.

Afin de pallier à cette pénurie, l'organisation recommande l'équipement et la formation des populations "pour prendre soin avec plus de sécurité des patients d'Ebola qui ne peuvent être hospitalisés", y compris par la distribution de matériel de protection aux familles.

La Chine protège ses frontières

La Chine, un des principaux investisseurs dans cette région, comme sur l'ensemble du continent, a annoncé mardi un renforcement des mesures de précaution à ses frontières, visant les personnes, véhicules, biens de consommation, ainsi que le courrier, en provenance des pays touchés.

Onze groupes internationaux présents en Afrique de l'Ouest, parmi lesquels le géant de l'acier ArcelorMittal, ont de leur côté appelé lundi à lever "toute restriction aux voyages", ainsi qu'à "la création immédiate de couloirs humanitaires et économiques vers les pays touchés".

L'Union africaine (UA), qui brille par son absence depuis le début de cette crise, a exhorté ses membres, dont beaucoup ont fermé leurs frontières aux habitants de ces pays, à "lever toutes les interdictions de voyage".

La Gambie, limitrophe du Sénégal, après avoir suspendu en août ses vols en provenance de Guinée, du Liberia et de Sierra Leone, a interdit l'accès à son territoire aux ressortissants de ces trois pays, ainsi que du Nigeria.

Washington débloque 10 millions de plus

Les Etats-Unis ont de leur côté débloqué 10 millions de dollars supplémentaires pour aider l'UA à lutter contre l'épidémie. Des fonds qui permettront d'acheminer une centaine de professionnels de santé dans les pays affectés.

Ces nouveaux fonds portent à plus de 100 millions de dollars la contribution des Etats-Unis. A ces fonds déjà versés s'ajoutent 75 millions de dollars promis la semaine dernière par l'Agence américaine pour le développement international (USAID).

Ces sommes servent notamment à fournir des équipements d'urgence ainsi que des traitements, et à financer un millier de nouveaux lits, 130'000 kits de protection et 50'000 kits d'hygiène.