Accident d'hélicoptère à Glasgow: les recherches se poursuivent

Les investigations de poursuivaient encore dimanche à Glasgow pour retrouver des corps sous les décombres du pub sur lequel s'est écrasé vendredi soir un hélicoptère.

01 déc. 2013, 20:15
Le toit du pub s'est effondré mais il semble que l'hélicoptère n'ait pas pris feu.

Les recherches se poursuivaient dimanche à Glasgow pour retrouver des corps sous les décombres du pub sur lequel s'est écrasé un hélicoptère de la police vendredi soir. L'accident a fait huit morts, selon un bilan toujours provisoire, tandis que les secours ont commencé à enlever les restes de l'appareil.

Douze personnes étaient toujours hospitalisées, dont trois en soins intensifs, selon le Premier ministre écossais, Alex Salmond. Il a répété qu'il fallait à nouveau s'attendre à ce que le bilan soit plus lourd.

"Nous ne pourrons donner le nombre exact (des morts) qu'une fois que l'hélicoptère sera complètement retiré des lieux et que les experts seront en mesure d'examiner et de dégager tous les décombres", a de son côté expliqué le chef de la police écossaise, Stephen House, dans un point de presse.

Ancien pilote de la RAF

Un corps a été extrait dimanche matin des décombres du pub, selon la police. Au nombre des huit morts recensés figurent les trois occupants de l'hélicoptère, le pilote civil et deux policiers, tandis que les cinq autres étaient dans le bar au moment de l'accident.

Selon le "Sunday Times", le pilote est un ancien pilote d'hélicoptère de la Royal Air Force avec plus de 20 ans d'expérience, ayant servi notamment en Irak et en Afghanistan.

Opérations délicates

La police a souligné que les opérations de déblaiement et de recherches à l'intérieur du pub The Clutha prenaient du temps.

Sur le toit en terrasse, éventré, du bâtiment de plain-pied situé à un croisement de rues près du Clyde, fleuve qui arrose Glasgow, des hommes en tenues et casques de chantier étaient occupés à retirer les débris distordus de l'appareil à l'aide d'une grue.

Une tâche d'autant plus délicate que le site de l'accident et les morceaux de carcasse doivent être préservés au maximum pour les besoins de l'enquête, a souligné la police.

Les experts du bureau d'enquête sur les accidents aériens, l'AAIB, étaient à pied d'oeuvre pour tenter de comprendre pourquoi l'Eurocopter EC135 T2 s'est écrasé vendredi soir sur le bar bondé où plus d'une centaine de personnes étaient réunies.

Tests de sécurité en 2012

La police écossaise a indiqué que l'appareil avait subi des tests de sécurité en 2012 à la suite d'un avertissement émis par Eurocopter après la découverte d'une fissure sur un hélicoptère EC135 en France.

"A la suite d'une inspection minutieuse (...) aucun défaut n'a été identifié et l'hélicoptère de la police a été jugé opérationnel", a indiqué la police, précisant qu'il n'avait jamais été retiré du service.

Eurocopter, filiale du groupe européen EADS, a indiqué qu'il y avait eu "au cours des dernières années des fissures sur cinq appareils, sur une flotte de 1100 appareils en vol", et que ces appareils avaient repris les vols après avoir été dûment contrôlés et réparés.

Le numéro un mondial des hélicoptères a précisé que ses enquêteurs étaient arrivés à Glasgow et attendaient "de pouvoir accéder aux éléments sur le site et de lancer l'enquête".

Alimentation en carburant

Selon le "Sunday Times", l'enquête s'intéresse à un possible problème d'alimentation en carburant de l'appareil bimoteur. Un pilote d'hélicoptère de la police, s'exprimant sous couvert de l'anonymat dans le journal, juge que "c'est quasiment du jamais vu que les deux moteurs tombent en panne".

"Quand quelque chose comme cela se produit, vous vous penchez sur ce qui est commun aux deux moteurs, c'est-à-dire l'alimentation en carburant", dit-il. Eurocopter a toutefois jugé "prématuré d'avancer une hypothèse" avant qu'"une enquête sérieuse" ne soit réalisée.

Au surlendemain d'un accident, qui a plongé l'Ecosse dans le deuil en pleine fête nationale, la St Andrew, une messe à la mémoire des victimes a été célébrée dimanche dans la cathédrale de Glasgow.

Près des lieux du drame toujours protégés par un cordon de sécurité, des dizaines de bouquets de fleurs ont été déposés en signe d'hommage.