Abus sexuels: le Vatican à nouveau sur la sellette à l'ONU

Le Vatican est accusé par les associations de défense des victimes d'acte de tortures alors que le Saint-Siège passe lundi devant le comité de l'ONU.

02 mai 2014, 17:04
Le Vatican est à nouveau sur la sellette à l'ONU pour les abus sexuels commis par des prêtres contre des enfants.

Le Vatican est à nouveau sur la sellette à l'ONU pour les abus sexuels commis par des prêtres contre des enfants. Les associations de défense des victimes ont présenté vendredi un rapport l'accusant d'actes de torture alors que le Saint-Siège passe lundi devant le comité de l'ONU contre la torture.

"Les viols et abus sexuels sont clairement des actes de torture en droit international", a affirmé à la presse Katherine Gallagher, juriste au Centre pour les droits constitutionnels. "Ils provoquent des dommages physiques et mentaux graves se prolongeant toute une vie", a-t-elle expliqué.

Pour la première fois lundi, les experts du comité de l'ONU contre la torture examinent le rapport du Vatican en vertu de la Convention qu'il a ratifiée en 2002. Cet examen fait suite aux conclusions du comité de l'ONU sur les droits de l'enfant, qui en février avait affirmé que le Vatican n'avait pas pris les mesures nécessaires pour traiter des cas d'enfants abusés sexuellement par des prêtres.

Les abus se poursuivent

"Les abus sexuels se poursuivent au sein de l'Eglise catholique", a déclaré Barbara Blaine, présidente du réseau des victimes abusées par des prêtres (SNAP). "Nous n'avons pas vu de changement depuis le mois de février. Il faut des actes, pas seulement des déclarations", a-t-elle ajouté.

Les ONG dénoncent le fait que le Vatican continue de minimiser les faits et de tout faire pour cacher la réalité, détruire des preuves, intimider les témoins au lieu de destituer les responsables d'abus et de les déférer à la police et à la justice. Elles rejettent également l'argumentation du Saint-Siège selon laquelle la Convention de l'ONU s'applique uniquement à l'Etat du Vatican et pas à l'Eglise catholique dans le reste du monde.

Les ONG estiment néanmoins que l'attention de la communauté internationale portée sur ces "crimes" à l'occasion de l'examen des rapports du Vatican par les experts de l'ONU peut contribuer à faire la lumière sur ces abus et à les prévenir à l'avenir. Elles ont soumis un rapport de 50 pages aux experts de l'ONU.