300'000 postes de travail, un marché de 60 milliards: l'agriculture suisse vaut plus qu'on le pense

Si on devait payer le fauchage des prés en Suisse, cela coûterait plus de 6 milliards de francs. C'est l'un des chiffres présentés ce jeudi par l'Union suisse des paysans pour rappeler que l'agriculture suisse vaut bien plus qu'on ne l'imagine.
03 janv. 2019, 11:35
Les agriculteurs ont tenu à rappeler qu'ils rapportaient gros à l'économie, en particulier l'économie locale.

L'agriculture suisse vaut plus qu'il n'y paraît à première vue, selon l'Union suisse des paysans. A l'occasion de sa conférence de presse annuelle jeudi, elle s'est défendue contre de récentes critiques et a rappelé son utilité d'intérêt public et sa valeur réelle.

Au vu de sa part inférieure à 1% au produit intérieur brut (PIB), l’agriculture semble être de moindre importance pour l’économie. Ce chiffre ne correspond toutefois pas à la valeur réelle du secteur primaire indigène, a expliqué l’Union suisse des paysans (USP) jeudi à Hergiswil bei Willisau (LU), présentant à l'occasion son nouveau rapport de fond intitulé "L'importance de l'agriculture dans l'économie".

Répartition inégale

Les grands créateurs de richesse ayant leur siège en zone urbaine, comme l'industrie pharmaceutique, les banques ou les assurances, occultent l’existence des régions à fort caractère rural, dont la prospérité dépend en grande partie de l’agriculture et des secteurs de la branche alimentaire, relève l'USP.

Cela tient aux coûts élevés engendrés par le secteur agricole. Près de l’ensemble des 6,3 milliards de francs que dépense chaque année l’agriculture atterrissent dans les activités locales: commerce de machines agricoles, charpenterie, construction d’étables et services vétérinaires, pour n'en citer que quelques-unes.

 

 

Néanmoins, l’agriculture produit également chaque année des matières premières et des denrées alimentaires d’une valeur de quelque 10 milliards de francs. Avec les transformateurs et les commerçants, il en résulte un marché total de presque 60 milliards de francs.

À l’échelle nationale, les 300'000 postes que compte la branche représentent 8% de tous les emplois, selon l'étude présentée par l'USP. Dans un quart des communes suisses, ce chiffre monte même à 25% des emplois.

Une plus-value non rémunérée

L'agriculture fournit également diverses prestations d'intérêt public à la collectivité, rappelle Jacques Bourgeois, le président de l'USP et conseiller national (PLR/FR). Elle joue un rôle essentiel dans l'entretien du paysage, l'encouragement de la biodiversité, la sécurité de l’approvisionnement ou le maintien d’activités dans les régions rurales.

Ses prestations ont "une valeur, même si elles n’ont pas de prix officiel", souligne M. Bourgeois. Il estime que pour l'entretien du paysage "rien que la fauche des 1,5 million d’hectares de terres agricoles coûterait quelque 6,2 milliards de francs par an" si d'autres que les agriculteurs devaient s'en occuper.

Etant donné que personne n’est prêt à payer pour ces biens, la politique doit veiller, par des mesures incitatives correspondantes, à ce que ces biens soient produits dans les quantités demandées par la société. C’est sur ce point que se fondent la politique agricole et le système des paiements directs, explique l'USP.