Coronavirus
 27.03.2020, 05:30

Coronavirus: ces héros du quotidien qui font qu’on a encore l’impression de vivre un peu normalement

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Malgré l'épidémie, Françoise, Eric, Elvine et Maurizio se rendent quotidiennement sur leur lieu de travail afin d'honorer la vocation qui les habite.

Épidémie Ils sont vendeurs en boulangerie, peintres, employés de voirie ou kiosquiers, et ont tous à cœur de répondre présents pour les clients, malgré l’épidémie de coronavirus. «Le Nouvelliste» est parti à la rencontre de ces «héros du quotidien» qui n’ont pas fermé boutique.

Leur passion est intacte. Pas question pour eux de se laisser abattre. Malgré l’épidémie de coronavirus, ils continuent à se rendre quotidiennement sur leur lieu de travail. En prenant évidemment des mesures de sécurité, mais en gardant toujours le sourire. Pour servir leurs clients, assurer leurs mandats et œuvrer pour le bien de la collectivité. 

Ils sont vendeurs en boulangerie, peintres, employés de voirie et kiosquiers. «Le Nouvelliste» s’est glissé le temps d’un instant dans leur emploi du temps, histoire de mettre en lumière ces «héros du quotidien» qui ont tous à cœur de répondre présents pour la population en cette période si particulière.

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Elvine Juon, vendeuse en boulangerie à Lens

©Louis Dasselborne

Pas question de se laisser abattre. Ni par la panique ni par les idées noires. C’est une bouffée d’énergie positive, Elvine Juon. Elle en est convaincue: «La crise va remettre certaines pendules à l’heure, et on va s’en sortir.»

Ses rayons de lumière, la Valaisanne les répand sur ses clients, à la boulangerie Taillens de Lens. Elle est responsable de ce point de vente et amoureuse de son travail. «J’ai du plaisir à faire plaisir. Les gens ne doivent pas oublier de vivre, et les douceurs sont de petits bonheurs importants pour le moral», confie-t-elle. Entre deux phrases, elle nous rappelle d’ailleurs que les chocolats de Pâques sont dehors et qu’ils n’attendent que de sucrer les papilles des Valaisans.

Se nourrir des sourires

Avec l’épidémie, sa passion est inchangée mais son quotidien a dû s’adapter. Elvine Juon se lève toujours pour partir bosser, parfois au tout petit matin et un peu moins souvent qu’avant. Elle travaille en binôme fixe avec une collègue qu’elle apprécie beaucoup. Elle se nourrit des sourires de ceux qui viennent se nourrir.

Même si les échanges se font de plus loin et s’entourent de règles strictes: désinfectant, gants et limites de personnes à l’intérieur. La vendeuse raconte la première chose qui habite son esprit au magasin: «Je me dis que je dois me protéger chaque minute, et que je dois protéger le client. Ça me rassure que les gens aient compris que l’on fait tout ça pour eux.»

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La solitude? Même pas peur

Une fois les petits pains vendus et la porte de la boutique close, la Lensarde rentre dans son cocon. Elle n’a pas peur de la solitude. Elle a bien assez à faire. Elle tricote, elle plante, elle bricole, elle lit, elle joue de la flûte traversière.

«Quand on travaille à 100%, on se dit toujours qu’il y a un tas de choses qu’on aimerait faire. Les gens doivent prendre cette pause comme une aubaine.» Elvine Juon, ce sont ces étincelles de bonne humeur qui font du bien. Suivons l’exemple.

 

Maurizio Morgagni, patron d’une entreprise de gypserie-peinture

©Sabine Papilloud

«Tant qu’on a la santé et de quoi vivre, tout va bien.» Maurizio Morgagni, c’est celui qui cherche les lueurs, jour après jour. Celui qui refuse de trop imaginer l’ombre avant qu’elle n’arrive. Il le sait, il le sent: l’instant est précieux. Et d’autant plus quand tout change et se bouleverse.

«Chacun doit faire sa part dans cette crise»

Fondateur d’une entreprise de gypserie-peinture, le Veyrassois continue, avec son employé, de travailler malgré l’épidémie. Les deux ouvriers sont intransigeants sur leur protection contre un ennemi sournois et invisible. «Nous restons à distance, et si les tâches nous forcent à nous rapprocher, nous portons un masque. Chacun doit faire sa part, dans cette crise.» Oui, une fermeture des chantiers le soulagerait: «Au moins, on saurait que tout le monde s’enferme temporairement pour une bonne raison.»

L’appréhension et la confiance

Reste que Maurizio Morgagni avance, coûte que coûte. Il slalome entre les points d’interrogation toujours plus nombreux: «Les clients qui veulent rénover leur appartement hésitent ou annulent, il y a beaucoup d’incertitude et d’appréhension. Je me demande si ça va aller, si on aura toujours du travail», reconnaît-il. Le futur est flou, mais il ne fait surtout pas des montagnes de ses soucis. «Sinon, tout s’écroule.. Il y aura des solutions, il y croit.

La maison, la famille, tout ce qui compte

A 57 ans, le Valaisan enlace surtout la gratitude. Face à ce foyer chaleureux qu’ils ont construit à la force des mains qui se tiennent, avec sa femme, infirmière à l’hôpital de Sion, et ses deux fils. La maison, les soupers, les films en famille: une bulle de confort si suffisante, quand les temps troublés appellent au confinement. Il arrive pourtant que son cœur tremble à la lecture de l’actualité en Italie, son pays d’origine. «Mon village dans les Pouilles n’est pas vraiment accablé par le virus, mais voir cette horreur n’est pas facile, ça touche à mes racines.» Résolument optimiste, il conclut: «Nous n’avons jamais vécu une période comme celle-là. Mais je suis chanceux, j’ai une belle vie.»

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Eric Zwahlen, employé de la voirie de Monthey

©Sabine Papilloud

Employé de la voirie de Monthey, Eric Zwahlen est chargé de vider les corbeilles publiques de toute la commune. Il effectue des tournées régulières en ville, mais aussi sur les coteaux, et jusqu’aux Giettes. Avec le confinement en raison de la pandémie de Covid-19, son travail n’a pas beaucoup changé. La quantité de déchets qu’il récupère est stable. En tout cas, il récupère toujours autant de petits sachets de déchets ménagers que certains ont pris l’habitude de glisser dans les corbeilles publiques depuis l’introduction des sacs taxés…

Horaires réaménagés

«Je suis content de travailler, j’ai besoin de ça», confie le Montheysan. Depuis cette semaine, ses collègues et lui ont toutefois vu leur planning s’alléger. Les horaires ont été réaménagés afin que chacun puisse continuer de travailler tout en respectant la distance sociale. Plus question par exemple de prendre place à deux dans le même véhicule. «Pour moi cela ne change pas grand-chose, car je travaille d’habitude seul», confie Eric Zwahlen.

Dans les locaux de la voirie, les comportements ont été adaptés. Au réfectoire, dans les vestiaires, on garde ses distances. L’employeur informe régulièrement de la situation et du désinfectant est à disposition, «chacun a reçu sa petite fiole qu’il peut remplir au besoin». Entre collègues, on se montre bienveillant, on s’assure que tout le monde va bien.

Reconnaissance appréciée

«L’entretien doit être fait pour que la ville reste propre», remarque l’employé de voirie. Son travail est important pour la communauté, et il se réjouit d’y participer. S’il reçoit des mercis tout au long de l’année, il reconnaît en avoir un peu moins ces temps: «Il y a moins de gens dans les rues…» Moins de circulation aussi, ce qui facilite quelque peu ses tournées, «comme durant les vacances d’été». De la reconnaissance, Eric Zwahlen en a lui-même pour toutes les autres personnes qui poursuivent leur activité, dans le domaine des soins notamment. «Ce n’est pas seulement quand il y a une pandémie qu’il faut les remercier ces gens-là, mais tout le temps», remarque-t-il. «Un merci ne coûte pas cher!»

«Il faut que la vie continue», insiste Eric Zwahlen, même si évidemment, la vie sociale est affectée. Mais le Montheysan ne manque pas d’activités, lui qui œuvre également dans les pompes funèbres. Dans ce domaine aussi, pas de grands changements observés, jusqu’ici…

 

Françoise Barbato, gérante du Kiosque du Centre, Sierre

©Héloïse Maret

Dans le Kiosque du Centre, à Sierre, le doux parfum des sucreries se mélange à l’odeur des journaux et magazines fraîchement imprimés. Malgré l’état d’urgence décrété en Valais, Françoise Barbato continue d’accueillir ses clients avec le sourire et l’enthousiasme qui la caractérisent.

«Nous faisons partie des établissements qui ne sont pas dans l’obligation de fermer. J’ai choisi de poursuivre mon activité afin que les gens puissent garder un certain rythme de vie, mais aussi pour leur offrir une option complémentaire à celle des magasins d’alimentation», confie celle qui gère ce kiosque indépendant depuis huit ans. 

Adapter les stocks 

Pour autant, Françoise Barbato est loin de prendre la propagation du Coronavirus à la légère. Afin de protéger sa santé et celle de ses clients, elle a installé une vitre en plexiglas sur son comptoir. La gérante porte également des gants à longueur de journée, et désinfecte plusieurs fois par heure le bureau de loterie, les stylos ainsi que la devanture de son établissement. «Mon avantage, c’est que les clients ne rentrent jamais dans le kiosque. Le seul contact direct que j’ai avec eux se fait via l’échange de monnaie.» 

Depuis l’instauration de l’état d’urgence, Françoise Barbato a constaté une diminution de la fréquentation de son établissement. Elle note toutefois que ses clients les plus habitués, de même que les employés de bureau qui se rendent encore au centre-ville pour aller travailler, continuent de passer au kiosque.

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A l’heure où toutes les habitudes de consommation sont chamboulées, la gérante se doit donc de trouver des solutions au jour le jour pour adapter ses stocks à cette demande volatile. «Puisque les écoles sont fermées et que les enfants ne sortent plus, je limite mes commandes de confiseries. A l’inverse, et comme certains clients souhaitent faire leurs réserves de cigarettes, il faut que mes stocks de tabac soient toujours à jour.» 

Les magazines de jeux cartonnent

Alors que les autorités sanitaires recommandent à la population d’éviter au maximum les sorties, Françoise Barbato constate aussi une augmentation des ventes de sudokus et autres jeux de réflexion à faire chez soi. «Et les journaux quotidiens s’écoulent eux aussi plus rapidement qu’en temps normal.» Elle sourit: «Comme les gens ne peuvent lire «Le Nouvelliste» dans les établissements publics, ils viennent l’acheter au kiosque. Les ventes ont véritablement augmenté.»

 

L’INFO SOLIDAIRE
Dans la situation sanitaire hors norme que nous vivons, la rédaction du «Nouvelliste» se mobilise afin d’accompagner ses lecteurs avec une information précise et fiable. Notre journalisme, professionnel et indépendant, ne bénéficie d’aucune subvention. Nous avons cependant choisi d’ouvrir en libre accès une grande partie de nos contenus touchant aux aspects essentiels et vitaux de cette crise.
Plus que jamais en cette période inédite, l’information a une valeur. Pour nous. Pour vous. Soyons solidaires autour d’elle. http://abo.lenouvelliste.ch

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