Courrier des lecteurs

07.01.2021Ensemble nous sommes plus fort

Aussi longtemps que je m’en souvienne, la société n’a jamais été confrontée à un événement non planifié et non quantifié de cette envergure. Cette pandémie met en lumière quelques sombres facettes de notre société comme: la non-acceptation de ne pas savoir, de ne pas pouvoir planifier le court et moyen terme, de ne pas accepter une situation aussi difficile soit-elle, de ne pas remettre en question ses habitudes et, surtout, de ne pas pouvoir produire et consommer plus, dans le but de s’enrichir individuellement d’abord, et subsidiairement collectivement. 

Jamais les différences ressenties ou effectives n’ont été aussi exacerbées. L’écoute et le dialogue sont mis à mal, remplacés par des avis tranchés, sans compromis, relatant de vraies ou de fausses vérités, peu importe. Cette période du «non-savoir» va à l’encontre de toutes les certitudes scientifiques, économiques, politiques et sociales qui nous sont diffusées sans interruption par les «grands» de ce monde, toutes catégories confondues. 

Depuis plus de cent ans, la science et la médecine nous promettent l’immortalité, d’autres l’ont fait avant eux. Et s’il n’en était rien, et que de toute urgence nous devions recentrer les débats sur des bases philosophiques et éthiques? Et donc, se poser la question de ce que signifie le mot solidarité ou, autrement dit, que signifie être lié par une responsabilité et des intérêts communs, dépendre l’un de l’autre, fonctionner ensemble? Ramenée à une seule pensée moderne, celle de l’économie et des chiffres, la solidarité pourrait aussi être de créer un ou des fonds pour dédommager les labeurs interdits d’exercer.

Un peu à l’image de la cordée, symbole vivant de la pratique de l’alpinisme et de l’entraide implicite en cas de difficultés. Ensemble nous sommes plus forts. 

Mathey Pierre, 1920 Martigny
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