17.02.2020, 14:40

Des emballages à base de plantes pour la viande

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Chez les détaillants Migros et Coop, il est encore impossible de trouver de la viande dans des emballages à base de végétaux.

environnement Des bioplastiques pour emballer la viande? L’institut Management Center Innsbruck y croit et mène des tests comparatifs. Les grandes enseignes du commerce de détail sont moins enthousiastes.

Pour les amateurs de produits carnés, il existe la possibilité de réduire l’impact sur l’environnement en optant pour des emballages moins polluants, des bioplastiques fabriqués à base de plantes. Les grands acteurs du commerce de détail en Suisse restent néanmoins prudents.

La viande s’abîme vite et demande des conditions d’hygiène très élevées. Pour cette raison, sa consommation implique des emballages conséquents. Mais il existe des possibilités d’emballages plus durables. D’après une étude de l’institut Management Center Innsbruck (MCI), des emballages plus verts sont possibles.

A lire aussi : Environnement: Coop et Migros vont bannir les sacs en plastique gratuits de tous leurs magasins dès 2020

Les emballages fabriqués à base de végétaux sont aussi efficaces que les matériaux habituellement utilisés. Les auteurs de l’étude ont analysé les emballages MAP (Modified Packaging Atmosphere), dans lesquels la viande est emballée sous atmosphère protectrice.

Les tests se sont portés sur le plastique classique et le plastique bio-sourcé, fabriqué à partir de maïs ou de betteraves, des matériaux plus facile à recycler. «Les emballages à base de plantes ont fonctionné tout aussi bien que les matériaux classiques», a indiqué la professeure Katrin Bach à AWP. Les tests ont prouvé que le type d’emballage utilisé n’a pas d’influence sur la qualité de la viande.

Bioplastique encore rare

Chez les détaillants Migros et Coop, il est encore impossible de trouver de la viande dans des emballages fabriqués à base végétale. «Depuis plusieurs années, nous suivons le développement de ces matériaux à base de plantes», affirme Cristina Maurer, porte-parole de Migros.

Jusqu’à présent, les matériaux d’origine biologique sont nettement plus mauvais en matière de bilan écologique que le plastique classique. D’une part, la fabrication de ce type de matériaux requiert bien plus d’énergie et d’autre part, il concurrence la production à visée alimentaire. «Les coûts, la qualité et le traitement jouent un rôle important», a indiqué Mme Maurer.

Chez Lidl, le constat est similaire. «En dehors des emballages fabriqués à partir de fibres, nous n’avons actuellement aucun de nos produits en marque propre emballés dans des emballages biosourcés», a indiqué le magasin à bas prix.

Biodégrabilité critiquée

Depuis l’an dernier, des matériaux à base de fibres, en papier et carton sont utilisés pour l’emballage des produits carnés de la marque «Deluxe». L’arrière de l’emballage est composé de carton, qui est recouvert d’une feuille de plastique. Cela rend la séparation entre les deux matériaux plus simple.

Aldi Suisse étudie également des alternatives possibles aux emballages habituels pour la viande, assure son porte-parole Philippe Vetterli. Mais la biodégradabilité réelle dans les centres de compost et de biogaz suscite des critiques envers les plastiques à base végétale.

«Le plastique à base de matériaux renouvelables n’est pas forcément rapide à décomposer», affirme M. Vetterli. Se pose également la question éthique d’utiliser des matériaux comestibles comme le maïs pour l’emballage.

Pas de réponse définitive

«Une alternative valable, qui est à peine possible économiquement aujourd’hui, serait de fabriquer du plastique à base végétale à partir des déchets de l’agriculture», explique M. Vetterli. A l’avenir, on pourrait ainsi fabriquer des emballages à partir de racines de chicorée ou de cosses de graines de tournesol.

Mme Bach admet ces critiques: «en matière de durabilité, il n’y a jamais une réponse définitive, seulement des pas à faire vers une solution plus respectueuse de l’environnement».

Ceux qui veulent malgré tout renoncer aux emballages plastiques à usage unique ont toutefois une solution: se présenter au rayon boucherie avec leur propre récipient, explique la porte-parole.

A lire aussi : Déchets plastiques: les Suisses en manque de récipients réutilisables pour leurs achats

ATS

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