11.09.2017, 00:01  

Du rythm’n’blues bestialau Tohu Bohu

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Les impétueux Coconut Kings ont livré un show endiablé, samedi au festival Tohu Bohu à Veyras.

 11.09.2017, 00:01   Du rythm’n’blues bestialau Tohu Bohu

Par agathe seppey

«Vous n’avez pas vu les Coconut Kings?», demande-t-on à l’entrée des backstages du Tohu Bohu. Lorsqu’on aperçoit ces types sortis d’un autre monde – ou d’un film, peut-être – on sait d’avance que cette interview va être fichtrement sympathique.

En ce samedi après-midi à Veyras, les musiciens du groupe sédunois sont posés sur des canapés de cuir et sirotent une...

«Vous n’avez pas vu les Coconut Kings?», demande-t-on à l’entrée des backstages du Tohu Bohu. Lorsqu’on aperçoit ces types sortis d’un autre monde – ou d’un film, peut-être – on sait d’avance que cette interview va être fichtrement sympathique.

En ce samedi après-midi à Veyras, les musiciens du groupe sédunois sont posés sur des canapés de cuir et sirotent une bonne blonde avant que la scène du festival ne les appelle. La moustache est lisse, la chemise improbable, le pantalon pincé et les chaussures vernies à point. Dehors, le ciel est triste. Mais le groupe s’en fiche bien, de la météo. «On va s’éclater, même s’il y a seulement dix personnes pour nous écouter», nous lâche-t-on d’entrée.

Conduire à la transe

Mic, Roman, Gaël, Loris et Sylvain respirent et transpirent le rythm’n’blues. Ou plutôt, le «Wild smokin’ and rockin’ rhythm’n’blues», comme ils aiment l’appeler. «On se concentre sur la période où le blues devient électrique, au sud des Etats-Unis et à Chicago à la fin des années 40. Mais on le tord avec plein d’autres influences. Les puristes du blues ne l’entendraient plus vraiment dans ce qu’on fait.», explique le guitariste Roman, la chaîne d’or pendant au cou et le cheveu gominé.

Ce qu’ils veulent par-dessus tout, ces cinq copains, c’est faire entrer le public dans une transe quasi vaudou. Viscérale, bestiale, incontrôlable. «Comme dans les films de David Lynch, il y a un côté cool mais en même temps crade. Sexy mais aussi vraiment dégueulasse», image Roman.

Si, ce samedi, les musiciens jouent sur une grande scène, ils confient être plus confortables lorsqu’ils affûtent leurs pulsations fiévreuses en clubs. «La proximité avec le public permet d’arriver plus facilement à cet état de tension», indique le chanteur Micael. Et pour Sylvain, maître de l’harmonica, «c’est bien de se poser et de ne pas savoir quand on finit.»

Une sacrée présence

Qu’ils soient un poil moins à l’aise sur une scène de festival, on peut vous dire que ça ne se voit pas du tout. Une fois montés sur les planches du Tohu Bohu, les Coconut Kings ont conjuré le temps maussade et la potentialité d’un public peu fourni. Non, les gens étaient là – à l’échelle d’un premier concert de soirée, certes – et ils se sont déhanchés avec entrain et sans parapluie.

Durant une heure et des poussières (difficile de tenir le timing pour ces enflammés de nature), les musiciens ont amené l’audience dans une sphère où rares sont les filtres. Un univers qui sent furieusement la clope, la bière et le cuir. Un autre temps, où les instruments lustrés et les voix bouillonnantes chantent les choses qui comptent. Celles qui viennent du ventre, et surtout pas de la tête. Et font swinguer les corps et les cœurs au nom de la liberté. agathe seppey

Les Coconut Kings sortiront un 15 titres éponyme cet automne. www.mx3.ch/coconutkings

Le futur du tohu bohu au conditionnel

En quatre jours de festival, le Tohu Bohu a accueilli 7700 personnes. A l’heure du bilan, l’organisation revient sur les concerts de Temples, de Georgio et de Tryo qui auront marqué cette édition. Mais un bémol se dessine sur la partition. «Malheureusement, la soirée du jeudi nous laisse une trace amère. Elle était pourtant fort alléchante avec Franz Ferdinand, Temples et Sandor, mais le public ne s’est pas déplacé en nombre comme espéré», explique le comité par voie de communiqué. Il ajoute qu’une faible fréquentation et la mauvaise météo du samedi auront des conséquences significatives sur le Tohu Bohu. Si le festival doit encore évaluer les chiffres de cette édition, il indique que «le futur se dessine au conditionnel». Le comité se laisse un mois de réflexion et ne souhaite pas donner plus de précisions pour le moment. AS/C


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