19.06.2018, 17:02

À Collombey-Muraz, le projet de mobilité ultrarapide Eurotube se dévoile peu à peu

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Le centre de recherche longerait les rails de chemin de fer et serait constitué d'un tube de 3 km et de trois bâtiments.

Technologie Le projet de mobilité ultrarapide Eurotube a été présenté au Conseil général de Collombey-Muraz lundi soir. Résumé des caractéristiques principales du projet en cinq points.

Ils sont jeunes. 24 ans. Doré de Morsier et Gerard Guell ne sont pas encore vraiment sortis du monde académique et pourtant, devant le Conseil général de Collombey-Muraz, ils présentent un projet «bien ficelé et abouti» selon les termes du président Yannick Buttet, déjà charmé par les retombées potentielles du concept. «Après l’épisode de la raffinerie de Tamoil, il y aurait un gain d’image très intéressant pour notre commune et la possibilité de faire venir une entreprise à forte valeur ajoutée.»

A lire aussi : Le Chablais, laboratoire des véhicules du futur?

Face à une assistance muette de curiosité, les porteurs du projet ont déroulé leurs arguments en faveur de ce nouveau centre de recherche pour un transport sous vide ultrarapide. Résumé en cinq points.

Une durée de vie de dix ans

Le centre de recherche, dont la construction devrait débuter en 2019, aurait une durée de vie limitée. Selon les initiants, les infrastructures seraient opérationnelles durant six ans pour ensuite être démontées avant 2028. Seule une halle de recherche, qui reviendrait à la commune, survivra. Les «gares» de départ et d’arrivée, ainsi que le tube seront entièrement démontés. «Il est important pour nous que le site soit renaturé après notre départ et que notre empreinte écologique soit aussi faible que possible», précise Doré de Morsier.

Une dizaine de postes fixes seraient assurés durant cette période, sans compter la création attendue de nombreuses start-up.

 

La halle de recherche est le seul bâtiment qui ne serait pas démonté au terme du projet.

 

Construction en béton

Le projet prévoit la construction d’un tube de béton de 3 km de long pour 2 mètres de diamètre. Il serait situé au bord des rails de chemins de fer entre la gare de Vionnaz et la zone industrielle. Grâce à un matériau développé au laboratoire de construction en béton de l’EPFL (IBETON), le tube pourrait être mis sous vide. «Ce béton renforcé avec un treillis de carbone offre une très faible perméabilité à l’oxygène et permet de se passer de matériaux polluants » précise Gerard Guell.

Constituée d’éléments emboîtés les uns dans les autres, l’infrastructure du tube peut ainsi être améliorée en cours de route si de nouvelles avancées étaient réalisées par le laboratoire IBETON.

 

Les éléments de béton pourraient être démontés et remplacés les uns après les autres si la technologie évoluait en cours de route.

 

Une mobilité innovante

Les autorités cantonales et communales voient d’un bon œil l’arrivée de ce centre de recherche. «Il s’intègre parfaitement dans notre réflexion pour développer des pôles de compétences dans le secteur de la mobilité», explique Vincent Pellissier, le chef du Service des routes, des transports et des cours d'eau. Grâce au vide et à l'absence de frottement des navettes, ce mode de transport innovant ne consommerait que très peu d'électricité.

Quant aux porteurs du projet, leur vision n’est pas limitée par les frontières géographiques. «Nous avons cette image en tête, que l’Europe soit comme une grande ville et ses métropoles en constitueraient les stations de métro», imagine à haute voix Doré de Morsier face à l'assemblée.

 

Le tube de 3 km de long accueillerait toutes les équipes européennes qui développent des navettes sans avoir les moyens financiers pour construire leur propre infrastructure.

 

Qui paie quoi

La commune de Collombey-Muraz a déjà investi 1 million de francs pour l’achat d’une parcelle de 5000 m2 qu’elle mettra gratuitement à la disposition des porteurs du projet. Quant au canton, il a signé une convention qui limite son soutien en ressources humaines et financières à un maximum de 200 000 francs. 

Devisé à quelque 30 millions de francs sur dix ans, le projet Eurotube est principalement financé par des entreprises privées. A titre de comparaison, les montants engagés annuellement par le Service valaisan de la mobilité se montent à 280 millions de francs. 

 

Les dernières inconnues

Mais avant que le projet puisse voir le jour, trois parcelles doivent encore changer d’affectation. «Elles sont situées sur une zone tampon entre les zones agricoles et la raffinerie de Tamoil. En l’état, elles ne sont donc ni constructibles, ni agricoles. La décision du changement d’affectation appartient au Conseil général qui se réunira mi-octobre et mi-décembre», précise le président de la commune. Les Verts du Chablais valaisan, les plus susceptibles de faire blocage face au changement de zone, assurent déjà être «a priori plutôt favorables».

Les dernières réticences communales concernent un éventuel impact visuel selon la variante choisie du projet, le tube pouvant être placé sur des piliers de différentes hauteurs. Le cas d’une route secondaire qui traverse actuellement l’itinéraire prévu pour le tube pose également problème. Il n’y aurait pas de nuisance sonore le long du tube, les navettes se déplaçant dans le vide et sans frottement. Les membres du Conseil général prendront connaissance de tous les détails du projet durant l’été.
 


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