11.12.2019, 05:30

Si on lisait: les sorties valaisannes à glisser sous le sapin

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A Noël, l'inspiration ne tarit pas chez les auteurs valaisans qui chouchoutent leurs lecteurs.

Littérature A l’heure du numérique, le papier se rebelle. Pas question de tirer sa révérence d’autant que les plumes inspirées ne manquent pas dans le canton. «Le Nouvelliste» a sélectionné quatre ouvrages ciselés par des auteurs valaisans de talent.

Baptiste Udriot, roman: «Les Remparts de Valère»

 

© Joseph Morard

Il a un cœur gros comme ça. Et quand il prend la plume, on la sent, cette générosité sans borne. Pour chasser ses idées noires, Baptiste Udriot a empilé les nuits blanches. L’écriture faisant effet d’un cataplasme pour son palpitant malmené par une histoire d’amour au goût d’inachevé et des déboires artistiques en cascade. C’était au printemps 2018.

«Il fallait que ça sorte. Je me suis mis derrière l’ordinateur et, en dix jours, le manuscrit était bouclé», explique le néo auteur toute chose à l’heure de la sortie de son «bébé», le premier. «J’ai mis beaucoup de moi, de mon ressenti personnel dans cette histoire. C’est du Baptiste pur sucre, m’a encouragé un ami écrivain. Il m’a redonné le dzé», confesse avec gouaille l’ancien animateur radio qui a longtemps gardé son premier roman dans un tiroir. Cet ami, c’est l’auteur valaisan Yves Gaudin qui a distillé ses conseils à l’arpète et l’a poussé à laisser tomber le masque.

J’ai peur car j’ai été profondément sincère en écrivant ce roman.

 

La valeur du combat

S’il peine encore à se considérer comme un écrivain, le natif de Martigny aujourd’hui établi dans la capitale a adoré prendre la plume pour imaginer un conte de Noël aux allures de quête initiatique avec, en fond de toile, la vieille ville de Sion et sa vénérable basilique de Valère. «C’est juste merveilleux d’avoir ce joyau sous les yeux. A force, on ne s’en rend plus compte. J’ai voulu lui rendre hommage.»

Cette basilique fait office de thébaïde pour le principal protagoniste en proie à des tourments intérieurs. Le voici le fameux Tourmenteur qui tyrannise le héros, l’éperonne sans cesse mais qui lui permet aussi d’évoluer en le forçant au combat.

C’est dans les chaleureux troquets chargés en effluves de Noël qu’il s’apaise et se confesse. Le bistrot tient une place de choix dans le roman avec plusieurs enseignes sédunoises emblématiques dont la fameuse Brasserie du Grand-Pont. Le lecteur s’immerge dans son histoire via des personnages fictifs mais tellement attachants à l’instar de la serveuse Jeanne qui doit beaucoup à la propre grand-mère de l’auteur.

«Je voulais aussi rendre hommage à toutes les personnes qui prennent soin des autres, un peu comme des anges. Ce livre, c’est aussi une ode à la bienveillance», nous confiera avec pudeur le trentenaire qui a trouvé la force de conjurer sa peine par l’écriture.

«Il faut toujours garder un sapin de Noël au fond de son cœur.» L’image a une candeur presque enfantine. Elle résume la philosophie de vie de cet écrivain en devenir dont la plume sensible et sincère devrait toucher au cœur. 

 

Infos pratiques

«Les remparts de Valère», 136 pages, 20 francs. Sortie le 13 décembre. Vernissage ce jeudi 12 décembre à la librairie Payot à Sion de 17 heures à 18 h 30. Dédicace à la librairie du Baobab à Martigny le vendredi 20 décembre dès 17h. 

 

«Etat Dame», les nouvelles chroniques de Christine Savioz

 

© Sabine Papilloud

 

Deux ans après un premier tome remarqué, la journaliste valaisanne sort un nouveau florilège de ses savoureuses chroniques. Une centaine  d’états d’âme qui colorent le samedi matin des lecteurs du «Nouvelliste». 

En quoi ce tome est-il différent du premier?

Le temps a passé, ma vie a changé. Il y a eu des étapes difficiles, des deuils à traverser. Ces chroniques ont permis de surmonter la douleur. Je dirais que la tonalité générale est moins girly, qu’elle aborde des questions plus existentielles. Mais il y a aussi des bulles de légèreté. Tout un chacun peut s’y retrouver.

Quel mot revient le plus souvent dans vos chroniques?

L’enfance tient une énorme place. C’est la matrice, le moment séminal. J’y retourne instantanément chaque fois qu’il m’arrive quelque chose. Je suis d’autant plus touchée que Jean Zermatten, ancien président du comité des droits de l’enfant de l’ONU, a accepté de signer une préface. On se connaît de loin mais il a tout de suite saisi ma démarche d’équilibriste avec humour et sensibilité.

Que gagne-t-on à lire votre livre?

Je n’aime pas trop le terme «gagner». Mais je dirais à passer un moment d’humanité, à voyager à travers les mots, à s’interroger sur le sens de la vie ou à vivre un moment d’apesanteur le samedi en prenant son café.  

Quel best-seller se rapproche le plus de votre ouvrage?

J’aimais beaucoup les chroniques de la journaliste genevoise aujourd’hui décédée Ariane Ferrier. Elle avait le sens des mots, de l’authenticité. 

Qui aimeriez-vous voir lire votre recueil?

Tout un chacun du moment que ce livre lui fait du bien. Mettre des mots sur les maux, ça peut être salutaire. Certes je raconte des pans de ma vie, drôles, émouvants ou tristes, mais ils sont susceptibles de faire écho au vécu des lecteurs. Chacun peut picorer ce dont il a besoin.

Vous pourriez signer un jour un roman?

C’est vrai que ce type d’écriture m’offre une vraie respiration par rapport à mon métier. Et j’adore le processus créatif qui mène toujours vers des contrées insoupçonnées. Donc pourquoi pas un jour un roman comme une suite logique.

 

Infos pratiques

«Etat Dame. Les nouvelles chroniques de Christine Savioz», 96 pages, 25 francs. Vernissage ce jeudi 12 décembre dès 17 heures au restaurant Le Trait d’union à la Médiathèque Valais-Sion. Dédicace samedi 14 décembre de 11h30 à 13h chez Payot à Sion.
 

Manuela Gay-Crosier: des nouvelles enfantées dans la roche

 

 

Manuela Gay-Crosier est une férue d’histoire. Pas étonnant que l’écrivaine et peintre établie dans la vallée du Trient se soit fait un nom dans le genre de la romance historique. «Mon cœur dans la montagne» en 2017 a marqué les esprits et enlevé le prix FIFAD 2018 aux Diablerets. Un beau cadeau pour celle qui a achevé des études de Lettres sur le tard après avoir travaillé dans le domaine bancaire et tenu des chambres d’hôte pendant vingt ans en famille.

L’inspiration n’a pas tari et ce printemps elle a donné un nouveau fruit: «Baiser de glace». Un recueil de nouvelles couronné du prix 2019 de la Société des écrivains valaisans (SEV). Pour son 5e opus, Manuela Gay-Crosier s’est toujours minutieusement documentée mais elle a laissé (un peu) de côté sa marotte historique pour imaginer des nouvelles faisant la part belle aux rencontres heureuses ou tragiques.

Celle qui peut se targuer d’avoir doté Trient de sa première bibliothèque est en passe de ponctuer un roman à paraître en mars 2020. «Joram» est directement inspiré d’un reportage TV sur une géôle au Brésil.

 

Infos pratiques

«Baiser de glace», Editions Plaisir de lire, 133 pages, 16 francs. Dédicace ce samedi 14 décembre à Manor Sion de 13 heures à 15 heures.

 

Monographie Maurice Zermatten: beauté et austérité

L’histoire garde de lui, peut-être, l’image d’un écrivain un brin austère, dont les mots et la pensée reflètent les valeurs morales d’un Valais authentique, voire conservateur. Mais peu d’ouvrages sont allés chercher la chair sous l’encre. Suzanne Bochatay-Crettex pour témoigner également de l’originalité et du rôle majeur qu’a joué l’auteur et enseignant sur la scène culturelle de son temps. 

A la lumière d’une riche correspondance, rassemblée par Suzanne Bochatay-Crettex en partenariat avec la Fondation Maurice Zermatten, «Maurice Zermatten, trajectoires correspondantes» remonte aux inspirations de l’homme, à ses élans, ses émotions, et dévoile, derrière un style fluide bien qu’empreint de classicisme, la vigueur d’un esprit des plus aiguisés. Ses maîtres à écrire et à penser, son amitié avec Ramuz, sa foi, sa poésie terrienne… Ce livre donne toute la complexité et la dimension d’un personnage trop souvent laissé en marge. 

 

Infos pratiques

«Maurice Zermatten, trajectoires correspondantes», Editions Slatkine, 182 p. 34 fr.15
Dédicace ce vendredi 13 décembre à 17h à La Liseuse, à Sion.


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