Suisse-UE: «Si le Conseil fédéral ne veut pas de l’accord-cadre, il doit dire ce qu’il veut à la place»

Selon Christian Leffler, ancien négociateur en chef européen, l’Union européenne attend des propositions concrètes de la Suisse. Il reconnaît qu’intégrer seulement les questions institutionnelles dans l’accord-cadre a peut-être été une erreur et propose des bilatérales III.
12 sept. 2021, 07:45
/ Màj. le 12 sept. 2021 à 07:45
Le gouvernement suisse a rompu les négociations avec l'Union européenne le 26 mai dernier.

Le dialogue politique proposé par le ministre suisse des affaires étrangères Ignazio Cassis ne résoudra pas les problèmes entre la Suisse et l’UE, juge l’ancien négociateur en chef européen. Bruxelles attend des propositions concrètes de Berne, selon lui.

«Nous ne devons pas parler des problèmes. Nous savons quels sont les problèmes. Nous en parlons depuis des années», explique Christian Leffler, qui a négocié l’accord-cadre entre la Suisse et l’Union européenne (UE), interrogé dimanche par le SonntagsBlick. Si le Conseil fédéral ne veut pas de l’accord-cadre, il doit dire ce qu’il veut à la place, ajoute-t-il.

La Commission européenne veut voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.
Christian Leffler, ancien négociateur en chef européen

Depuis la rupture des négociations le 26 mai dernier par le gouvernement suisse, la Commission européenne examine tous les domaines dans lesquels existent des relations avec la Suisse, relève M. Leffler. «Elle veut voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas».

Il estime que le rapport attendu de l’UE sur l’état des relations avec la Suisse ne sera pas publié à l’automne, mais au plus tôt à la fin de l’année. La Commission européenne et les États-membres décideront ensuite de la marche à suivre, poursuit-il.

Des bilatérales III

M. Leffler reconnaît que c’était peut-être une erreur d’avoir voulu mettre seulement les questions institutionnelles dans un accord. Il propose un nouveau paquet d’accords bilatéraux, les bilatérales III.

De nouveaux accords d’accès au marché européen pourraient y être intégrés, avec un règlement de questions institutionnelles, estime-t-il. Un tel paquet permettrait de trouver plus facilement un équilibre entre les intérêts de l’UE et ceux de la Suisse, ajoute-t-il