Négociations "utiles" au Kazakhstan sur le nucléaire iranien

Les grandes puissances et l'Iran ont eu mardi une réunion "utile" sur le dossier nucléaire iranien à Almaty, au Kazakhstan, ont indiqué des responsables russe et occidental. Les deux parties ont décidé de poursuivre leurs discussions mercredi.
07 août 2015, 11:03
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
La Chef du département des affaires étrangères européenne Catherine Ashton, et Saeed Jalili, secrétaire du Conseil national de sécurité de l'Iran, quittent un podium après avoir pausé pour une photo à Almaty au Kazakhstan.

Les délégations des pays du groupe "5+1" (les cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU plus l'Allemagne) et de l'Iran se sont rencontrées pendant trois heures en milieu de journée. Cette rencontre était la première depuis huit mois entre les deux parties.

Ces discussions ont été jugées "utiles" par le chef de la délégation russe, Sergueï Riabkov, et une source occidentale. "Nous nous sommes mis d'accord pour avoir une autre réunion mercredi à 11h00 (06h00 suisses)", a déclaré de son côté Michael Mann, porte-parole de la cheffe de la diplomatie européenne Catherine Ashton, chargée des contacts avec Téhéran au nom du groupe 5+1.

Appel à la "flexibilité"

Une source iranienne a confirmé que les discussions reprendraient mercredi. "Nous espérons que les Iraniens viendront demain en montrant de la flexibilité et une volonté de compromis. La balle est vraiment dans leur camp", a déclaré un peu plus tard M. Mann.

Il a précisé que les Iraniens avaient eu des discussions bilatérales avec les Russes, les Allemands et les Britanniques sur la nouvelle offre des pays du groupe 5+1. Selon une source des grandes puissances, cette proposition promet "une réduction de certaines sanctions sur le commerce de l'or, de celles concernant l'industrie pétrochimique et de certaines sanctions bancaires", en échange de concessions de Téhéran.

Cette offre reprend la demande faite à l'Iran début 2012, à savoir "l'arrêt de l'enrichissement à 20 % (de l'uranium) , la fermeture du site de Fordo (enfoui sous la montagne et difficile à détruire, NDLR) et l'envoi du stock d'uranium enrichi à 20 %" à l'étranger, a-t-elle ajouté.

Lignes rouges iraniennes

De son côté, Téhéran a annoncé qu'il allait faire une nouvelle offre aux grandes puissances, mais insisté sur le fait qu'il refuserait de céder sur la fermeture du site de Fordo et l'envoi à l'étranger de son stock d'uranium à 20 %.

"En revanche, nous pouvons envisager l'arrêt de l'enrichissement à 20 % contre la levée de toutes les sanctions internationales, notamment celles du Conseil de sécurité" de l'ONU, a souligné une source proche de l'équipe de négociateurs iraniens.

De son côté, le secrétaire d'Etat américain John Kerry, en visite à Berlin, a dit mardi "espérer" que les deux parties trouvent une "solution diplomatique".