De 2005 à 2012 le Serbe a été l'âme et l'animateur du jeu de l'équipe valaisanne. Trois victoires en Coupe de Suisse ont scellé une union qui s'est achevée en juin.
Goran Obradovic revient à Tourbillon. Il donnera le coup d'envoi de la rencontre Sion - Young Boys dimanche. Cette visite ponctuelle lui permettra de recevoir l'hommage mérité dont l'avaient privé des destins individuel et collectif encore à écrire lorsque l'équipe valaisanne avait affronté Aarau en barrage contre la relégation. L'épisode s'inscrit aujourd'hui comme le dernier de leur vie commune. Leur union n'a pas survécu à un septième printemps qui a mis un terme à leur relation contractuelle. "Je cherche une solution ailleurs, soit en Suisse, soit dans des pays plus éloignés. L'envie de jouer est toujours aussi forte. Je suis prêt à m'exiler pour une dernière expérience. Le marché national est très difficile", confie le capitaine de coeur de la formation sédunoise de 2005 à 2012.
A Sion grâce à... Yakin
Les touches ont été nombreuses durant ses vacances en Serbie. Des émissaires de Lausanne, Thoune et d'autres clubs ont fait vibrer son téléphone portable. Sans succès. Le Qatar ou la Chine pourraient le tenter à 36 ans. "Au moins pour une année. Le choix se fera en famille. Elle restera ici et j'opterai pour la solution qui lui semble la plus favorable pour notre équilibre. J'ai amené Marko (ndlr. son fils) a u stade ce matin pour une journée d'entraînement, l'équipe s'y entraînait. Ça m'a fait bizarre."
Trois victoires en Coupe de Suisse (2006, 2009 et 2011), une promotion en Super League (2006) et une qualification acquise en championnat pour l'Europa League (2007) tissent des liens forts. Le début de l'aventure tient pourtant à un coup de fil en août 2005. "Après avoir terminé un engage ment à Vaduz, tout était réglé pour que je rejoigne YB. Ils ont finalement pris Hakan Yakin dont l'agent était le même que moi. J'ai immédiatement rompu avec lui. La saison avait déjà commencé, ma situation était difficile. Je ne pensais pas au FC Sion lorsque j'ai appelé Christian Constantin. Je n'avais jamais parlé avec lui auparavant." Un jour leur suffit pour se déterminer. "Tout a été très vite avec Christian, comme toujours."
Trois mois sans qualification en 2008
Le Serbe donne un coup d'accélérateur décisif aux ambitions sédunoises. Huit mois après son arrivée, une dixième coupe de Suisse enrichit le palmarès d'un club qui réintègre la Super League. "Nous avions une très belle équipe, elle n'aurait pas dépareillé à l'étage supérieur." Comme dans tous les ménages, les épreuves n'épargnent pas Obradovic, particulièrement lorsqu'on lui place Alvaro Dominguez devant les crampons. Il vit trois mois dans l'attente d'une qualification en été 2008 tout en s'entraînant avec le groupe dirigé alors par Uli Stielike. Il commence son championnat à la septième journée. "Je ne connais pas l'origine de cette décision. Le plus important est de n'avoir jamais triché, j'étais bien dans ma tête. Ma mémoire ne retient pas les moments difficiles." Le numéro 22 a conquis la confiance de quinze entraîneurs à Tourbillon. "On ne s'habitue jamais aux changements. Ils ne m'ont jamais surpris parce que je les pressentais. Mes plus grands regrets naissent de la rupture avec Challandes dont le travail offrait de bonnes perspectives sur la durée même si les résultats n'étaient pas immédiats."
"Come on Goran"
Il quitte Sion sans le titre tant convoité. " Nous ne nous sommes pas donné le temps nécessaire pour construire une équipe. J'étais le premier impatient. Quand les résultats coincent, vouloir changer quelque chose est un réflexe naturel. Personne n'a jamais été dans la position de Christian Constantin. C'est un grand président." Les deux hommes se croiseront dimanche après un premier rendez-vous en fin de semaine. "Ces années ont passé très vite, sans routine. Elles m'ont donné beaucoup de bonheur. Je pourrais remercier tout le monde pour l'accueil reçu. Tout le monde m'a accepté et adopté tout de suite. J'ai vécu ici la meilleure période de ma vie." "Come on Goran, come on Goran" lui répondra la tribune nord en communion avec tout un stade.
Par Stéphane FOURNIER

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