Valais: l’avion du futur se prépare à Sion

La société qui développe l’avion du futur a levé les fonds nécessaires pour poursuivre son développement à Sion. A sa tête, André Borschberg, pilote de l’avion solaire «Solar Impulse».
20 févr. 2018, 07:39
La société H55, issue de l'aventure Solar Impulse, s'installe à Sion. Elle va développer les avions électriques de demain, elle qui a déjà participé à la conception du premier avion acro électrique.

L’aventure de «Solar Impulse», avion solaire qui a fait le tour du monde, aura des retombées scientifiques concrètes. Et en Valais. La société H55 est implantée à Sion.  Née de Solar Impulse, elle est présidée et dirigée par André Borschberg, l’homme qui a piloté l’avion solaire en alternance avec Bertrand Picard. Son but: révolutionner le monde de l’aviation en le faisant passer à l’ère électrique.

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5 millions pour se lancer

H55 a annoncé mardi 20 février avoir réussi une première levée de moyens auprès d’un fonds de capital-risque américain, NanoDimension, dans lequel l’ancien patron de l’EPFL, Patrick Aebischer, est entré. On ne saura pas exactement les montants obtenus de la société de la Silicon Valley. Par contre, on sait que H55 dispose désormais d’environ 5 millions de francs. Pour l’instant.

Un avion sur le bâtiment

Lorsqu’il parle des avions du futur, André Borschberg nous plonge dans un monde qui peut paraître être de la science-fiction. «Il y a quinze ans, un avion électrique était une idée qui paraissait utopiste. Aujourd’hui, on se rend compte que cela va révolutionner l’aviation.» Pas de bruit, pas de pollution, des coûts de maintenance réduits et des caractéristiques qui permettent de développer des avions au design totalement renouvelé. Le pilote estime que «le transport aérien électrique améliorera radicalement la façon dont nous vivons et bougeons. De nouveaux concepts, qui ne sont possibles qu'avec la propulsion électrique, permettront bientôt aux avions de décoller et d'atterrir verticalement, puis de voler comme un avion.»

André Borschberg, président de la société valaisanne H55.

Une idée révolutionnaire qui deviendra réalité dans trois ans

André Borschberg  voit déjà ce futur tout proche: «Imaginez-vous monter à bord d'un avion électrique au sommet d'un bâtiment qui peut vous emmener de l'autre côté de la ville en moins de 10 minutes, sans impact sur l'environnement?» Le tout pour un coût très bas.

Science-fiction? «Ce sera une réalité d’ici à trois ans. D’ici à cinq ans, cet avion volera au-dessus de certaines villes. La technologie existe déjà. La difficulté est de s’y adapter.» Les autorisations et les procédures administratives semblent être les principaux obstacles à la concrétisation de ces objectifs.

Pourquoi un décollage en Valais?

La société H55 est installée en Valais. Ses bureaux se trouvent au rez-de-chaussée du bâtiment occupé par «Le Nouvelliste» derrière la gare. La société dispose d’une halle de tests dans la zone industrielle sédunoise et ouvre aussi à l’aéroport de la capitale valaisanne. En septembre 2016, H55 a présenté à Rarogne le premier avion électrique de voltige suisse, aEro1.

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Pourquoi avoir choisi le Valais pour développer l’avion électrique? Un des trois cofondateurs de H55 est un Valaisan, il s’agit de Sébastien Demont, un ingénieur électrique qui a fait partie de l’équipe de Solar Impulse.  «Ce n’est pas la seule raison», sourit André Borschberg. «Le Valais a été choisi en raison de la présence de l’EPFL, de la proximité d’un aéroport qui dispose d’une météo optimale pour effectuer des essais et parce que H55 a aussi pu bénéficier du soutien de la fondation The Ark.»
 

par Jean-Yves Gabbud