Un procès hors du commun pour Jean-Luc Addor

Le procès du conseiller national Jean-Luc Addor, accusé de discrimination raciale, a eu lieu mardi après-midi à Sion. Il est défendu par une célébrité du barreau genevois, Me Marc Bonnant, qui plaide pour la première fois en Valais.

23 mai 2017, 17:24
Le conseiller national Jean-Luc Addor, gauche, arrive en compagnie de son avocat Marc Bonnant au tribunal du district de Sion.

Procès qui sort de l’ordinaire mardi après-midi au Tribunal du district de Sion. Extraordinaire de par la personne qui se trouve sur le banc des accusés, Me Jean-Luc Addor, conseiller national UDC et ancien juge d’instruction. Extraordinaire de par la personnalité de son défenseur, le Genevois Me Marc Bonnant, l’un des avocats les plus connus de Suisse romande, qui plaide pour la première fois en Valais.

Devant le palais de justice, trois policiers sont en faction. La salle d’audience est comble, avec une soixantaine de personnes, dont plusieurs membres de l’UDC parmi lesquels le co-président Cyrille Fauchère et un membre, au moins, de la Résistance helvétique. Une dizaine de journalistes couvrent le procès.

Les faits remontent à août 2014. Jean-Luc Addor, alors député et membre de la Commission de justice du Grand Conseil, a écrit trois mots: «On en redemande» sur Facebook et Twitter, après une fusillade survenue lors de la prière du vendredi dans une mosquée saint-galloise, laquelle avait fait une victime. Il est accusé par le Ministère public, représenté par le procureur Jean-Pierre Greter, de discrimination raciale.

Pour le procureur, l’accusé en a appelé à la répétition d’une fusillade à l’encontre de musulmans. Il requiert une peine de 45 jours avec sursis.

Me Bonnant parle d'un procès politique. Il décrit Jean-Luc Addor comme quelqu’un qui combat l’avancée de l’islam triomphant et non contre les musulmans. Il interprète ainsi les propos de son client: le crime commis entre Albanais montre aux yeux du député UDC que ses thèses signalant les risques causés par l’immigration sont avérés. Il demande l’acquittement.

Le juge Christian Zuber rendra son verdict dans quelques jours.