Un avenir sans l'Europe

Des jeunes pleins d'envie, des anciens dignes de leur statut, l'équipe échoue dans sa quête européenne mais réussit sa sortie.

03 juin 2013, 07:09
data_art_1614806.jpg

Le train de l'Europe démarrera sans Sion le 4 juillet lors du premier tour préliminaire de l'Europa League. L'équipe valaisanne échoue d'un souffle dans la course à la qualification. Le verdict tombe à la dernière minute de jeu du temps réglementaire lorsque Thoune arrache l'égalisation contre Young Boys (2-2). Le match nul dans le derby bernois écarte la formation sédunoise du convoi continental en raison d'une différence de buts inférieure, -14 pour la fiche valaisanne contre -2 pour celle rendue par les Oberlandais.

L'embarquement manqué ne date pas de samedi. A Tour billon, contre Zurich, Sion réalise sa meilleure performance du printemps et inscrit quatre buts pour la première fois de l'exercice en Super League. Et cet événement unique intervient après une disette de 520 minutes de jeu et se concentre sur la seule deuxième période. "Dommage que le championnat se termine" , commente Michel Decastel. "J'ai apprécié ce que nous avons vécu avec les jeunes. Il y a véritablement quelque chose à faire avec eux. Si je peux conseiller Christian, je lui recommanderai de travailler avec ce groupe. Personnellement, je commence par des vacances avant de retourner à la formation où je me sens très bien."

 

Edimilson Fernandes, dix ans après Gelson

 

La cure de jouvence subie par le contingent sédunois réserve encore des surprises pour cette dernière sortie. Edimilson Fer nandes, 17 ans le 15 avril dernier, effectue ses débuts à ce niveau de compétition. Dix ans après son cousin Gelson, lancé sur les pelouses de ligue nationale le 26 avril 2003 contre Lucerne. Une famille de talent et de caractère. Des qualités que le FC Sion exprime pleinement après une période initiale relativement difficile face à un contradicteur zurichois à la cohésion supérieure. Vanins, excellent, s'oppose aux diverses tentatives de Drmic et de Gavranovic (6e, 13e, 21e et 41e) ou la transversale le supplée sur une reprise de Drmic (45 + 1').

 

Le premier but de Gaëtan Karlen

 

La période de domination du visiteur se concrétise après un ballon perdu par Basha contre Kukuruzovic et exploité par Gavranovic (49e). La révolte arrive du banc de touche avec les entrées simultanées de Gaëtan Karlen et de Yannick Ndjeng (53e). En position de hors-jeu, le Camerounais contraint Brecher à un arrêt difficile, Vanczak s'arrache pour pousser le ballon derrière la ligne de la tête (54e). Des erreurs de placement libèrent Gavranovic et Drmic dont la combinaison dans la minute suivante replace Zurich en tête (55e). Ce coup du sort libère un Sion épatant. Vanczak, replacé dans l'axe dès le coup d'envoi et revigoré par son but, Regazzoni ou Ndjeng empruntent le pas des gamins qu'ils encadrent. Kololli égalise (61e), Karlen ouvre son compteur en Super League (73e) et Veloso inscrit son premier but en équipe fanion (86e).

"Nous avons été chercher cette réussite, nous avons su la provoquer par notre état d'esprit" , apprécie Michel Decastel au terme de son troisième passage sur le banc de touche du FC Sion. Ce rythme le rapproche de Boubou Richard qui dirigeait samedi à Bramois à quelques centaines de mètres de Tourbillon son dernier match comme entraîneur. "Non, je ne serai pas le Boubou du futur. J'ai rendu service à Christian ce printemps. Maintenant, s'il y a un entraînement à donner, je le donnerai. Mais pas plus."

Le débauchage de Forte à Grasshopper par les Young Boys rend encore plus chaude la piste qui conduit au retour de Laurent Roussey en Valais. Le Français n'assurera pas la succession de Bernard Challandes à Berne, comme il l'avait fait à Sion au printemps 2011.