Stades et patinoires: la bière et le vin risquent bientôt le carton rouge

Les cantons envisagent de réduire, voire même d'interdire l'alcool dans les stades de football et les patinoires. Les clubs valaisans sont inquiets.

07 nov. 2012, 06:26
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Qu'adviendrait-il des clubs de hockey valaisans si l'alcool venait à y être interdit? La question ne divise pas les interlocuteurs. Elle fait l'unanimité. "Ce serait une catastrophe" , assure Sébastien Pico, manager du HC Viège. "Elle menacerait même, à terme, l'avenir de nos clubs. Je n'ose même pas imaginer une telle mesure dans un canton viticole comme le nôtre." Viège, la part des recettes liées directement ou indirectement à l'alcool n'est pas négligeable. "Je n'ai pas le chiffre exact mais c'est un montant à six chiffres... Quand on sait que notre budget s'élève à 3 millions, c'est une proportion importante." Mais quelles sont-elles, ces recettes? "Il y a la vente de bière et de vin aux cantines mais aussi des sponsors, des encaveurs en particulier." Depuis sept ou huit ans qu'il occupe un rôle de dirigeant à la Litternahalle, Sébastien Pico n'a jamais été confronté à un acte grave lié à l'alcool. "Il faut bien comprendre que cette loi n'empêcherait pas un supporter d 'arriver très fortement alcoolisé à la patinoire. Faudrait-il dès lors instaurer des alcootests à l'entrée? Non, nous avons déjà la possibilité d'interdire l'accès à un spectateur qui, de toute évidence, menace l'ordre public. En plus, à Viège, le public traîne peut-être moins qu'ailleurs. Il est moins festif qu'en Suisse romande."

A Red Ice, on a un peu moins de recul pour estimer les conséquences. Mais les dirigeants redoutent aussi cette possible interdiction. "Nous sommes inquiets, à l'instar de nos concurrents" , martèle Vincent Maret. "Ce n'est pas possible de chiffrer le manque à gagner compte tenu du peu d'expérience que nous avons en ligue nationale." Par contre, le coprésident du club bas-valaisan perdrait un secteur important de son budget sponsoring: les encaveurs. "Notre objectif est d'avoir un encaveur différent par match qui est en même temps sponsor de la rencontre puisqu'il a l'exclusivité de la vente de son vin. Pour lui, c'est aussi une bonne opportunité pour promouvoir son produit. Ce serait donc une perte sèche."

Du côté de Sierre, Silvio Caldelari estime le manque à gagner entre 100 000 et 150 000 francs. "Nous perdrions deux sponsors officiels (ndlr.: des partenaires à partir de 20 000 francs) , un brasseur et un encaveur. Quant aux recettes cantines, elles en souffriraient aussi puisqu'on vendrait moins de bière à 2,4%."