La force de Marc Aymon, "c'est d'être un chien fou"

Le chanteur valaisan Marc Aymon transforme ses faiblesses en moteur de ses envies.

18 juil. 2012, 07:00
Montana le, 3 mars 2004 : Caprices Festivale . Scene Caviar House, concert de Marc Aymon. Sacha Bittel

Dans son deux pièces et demie de la ville de Sion, comme en attente d'un voyage, les coffres de guitares sont au garde-à-vous, contenant quelques reliques précieuses: une Gibson 34, une Collings née au Texas, une guitare Résonator d'un luthier parti en Angleterre. "Tiens essaie ça, c'est une autoharpe, elle vient de Pennsylvanie, elle est faite main."

Voilà Marc Aymon au grand coeur, prêt à offrir, à donner, tout, comme il le fait depuis déjà quinze ans de scène. Même s'il entretient avec ses guitares une histoire d'amour qui pourrait viser l'exclusivité, "avec ma chouchoute, nous sommes partis traverser les Etats-Unis d'est en ouest, de New York à San Francisco".

Ce voyage vécu l'été passé est à l'image du musicien. Lui qui dit souvent crever de trouille, a osé. Partir seul, partir sans maîtriser l'anglais. Oser. Oser prendre le Greyhound, la ligne qui traverse le Nouveau Continent. Et aller à la rencontre des gens. Leur parler, leur demander de pouvoir jouer quelques morceaux pour être hébergé, pour continuer le voyage. Ni du culot, ni une confiance en soi démesurée, plutôt l'inverse.

Chez Marc, la peur est un moteur qui lui a permis depuis des années de frapper à la porte de Jean-Louis Aubert ou du dessinateur Frank Margerin, comme à Nashville, Tennessee, où il a frappé à celle du directeur d'un des studios les plus célèbres au monde, l'Ocean Way. Car Marc a une idée, y revenir et enregistrer un album avec des cadors qu'il admire. Au mois de septembre sortira son troisième album, enregistré à Nashville. Oser.

Ses disques sont des instantanés de lui-même: "L'astronaute était naïf, Un amandier en hiver, chuchoteur et intime" explique-t-il "et celui-ci dit ma force, celui d'être un chien fou. D'oser réaliser un rêve même quand les gens te disent: p... je te connais depuis gamin tu vas te perdre. J'y suis allé pour me perdre, pour choisir les routes..." Marc a l'instinct de l'autre. Sa nature l'incite à être à l'écoute des sentiments et toucher l'âme de son prochain: "J'avais toujours des fruits et des biscuits, si j'avais peur des gens je les distribuais."

De son passé, une pudeur: "Petit je me créais un monde parallèle, soit dans le sport, soit dans le dessin, quand j'ai découvert la musique, il y a eu comme un déclic". On dira une évidence. "J'essaie d'aller plus loin, je cherche à me prouver que j'ai raison, que j'ai une place". Si ce voyage ne lui a pas donné de réponse, il lui aura permis de se poser beaucoup moins de questions "et d'avoir du plaisir, de pouvoir dire oui ou non aussi, et de me rendre compte que si ça a fonctionné ça veut dire qu'on m'aime vraiment comme je suis. J'ai envie que les gens se disent en me voyant: ce mec ne passe pas entre les gouttes, mais il sourit et il est solaire." Marc peut être fier de lui, son courage a transformé ses faiblesses en force. Celle du chien fou .

Vernissage du nouvel album les 20, 21 et 22 septembre au théâtre de Valère à Sion et le 27 septembre aux Docks à Lausanne.

 

Ecoutez ci-dessous la chronique quotidienne de Valérie Ogier sur Option Musique consacrée aux nouvelles voix de la chanson romande:

Marc Aymon. [marcaymon.com]

 

Une vidéo de Marc Aymon sur Youtube: