Sion 2026 n'a pas la cote auprès des politiques

Alors que le Conseil fédéral communiquera son avis sur le dossier début octobre, la candidature de Sion 2026 peine à emballer les politiques valaisans. Le PLR est bien seul dans le camp du "oui", tandis que les positions hostiles se multiplient.

14 sept. 2017, 19:36
/ Màj. le 15 sept. 2017 à 05:30
Le dossier de faisabilité de Sion 2026 est en ce moment entre les mains du Conseil fédéral.

Le PLR est bien seul dans son soutien à la candidature olympique de Sion 2026. Car ces derniers jours, ce sont des positions critiques, voire carrément hostiles, qui se sont succédé de la part de plusieurs formations valaisannes à l’image des Verts, de l’UDC de Sion, ou encore du Rassemblement Citoyen Valais. Dernier en date, le PS du Haut-Valais a appelé le canton à laisser la balle à Innsbruck en Autriche, au dossier plus concret, et sur lequel le peuple votera le 15 octobre.

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Le PDC et le PS veulent voir le dossier complet

Mais dans cette cacophonie politico-olympique jouée dans l’attente de la décision du Conseil fédéral début octobre et de la présentation du dossier complet, on relèvera surtout le silence des deux autres grands partis: le PDC et le PS du Valais romand. Pour ces deux-là, rien ne sert de faire des plans sur la comète avant de connaître le détail du dossier. «Tuer ce projet dans l’œuf ou s’enflammer sans en avoir une vue précise ne fait aucun sens. Répéter que c’est nul, c’est zéro, ça ne fait pas avancer. Je préfère le verre à moitié plein», indique Serge Métrailler, président du PDCVr, qui voit «peut-être de nombreuses chances de faire avancer le canton».

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Evoquant des «avis divergents» au sein du PSVr, sa présidente Barbara Lanthemann en appelle à «la responsabilité politique» de se prononcer en connaissance de cause. Et, tout en étant prudente, elle admet laisser «la porte ouverte» à un projet qui semble différent de ce que l’on a pu connaître par le passé. D’autres au sein du parti, à l’image du conseiller national Mathias Reynard, ont toujours fait part d’un certain scepticisme à l’égard de ce projet.

Le PS du Haut tacle Frédéric Favre

Outre-Raspille, le ton est carrément monté d’un cran. Le PS du Haut a ainsi envoyé une volée de bois vert aux libéraux-radicaux, s’étonnant que ceux-ci s’engagent soudainement pour un projet qui nécessitera de l’argent de l’Etat. Et de tacler au passage le ministre qui pilote le dossier, Frédéric Favre, contraint de se débrouiller avec «le peu d’enthousiasme de Berne», pendant que Christophe Darbellay «ne se soucie pas du dossier». Et de conclure: «Le bouc émissaire est tout trouvé.»

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Le PLR assume le risque

Président du PLR, René Constantin balaie les critiques. «Un tel soutien ne peut se faire sans celui de l’Etat. Je crois que ceux qui disent non d’emblée ne se rendent pas compte de l’enjeu pour le canton, ce sont des irresponsables. Tout le monde se lamente, on est encore dans une attitude «Sauvez Willy». Nous préférons avancer.»

L’homme se met dans le costume du parti progressiste et se dit conscient du rôle de bouc émissaire qu’il aura à assumer si la facture devait déraper. «Et contrairement aux autres, nous avons fait l’effort de rencontrer les porteurs de projet, de se renseigner sur le dossier», ajoute René Constantin. Barbara Lanthemann sourit, préférant penser que le parti protège simplement son poulain au Conseil d’Etat.

Le dossier ne changera rien dans le camp du non

Opaque, inadapté, inutile ou gouffre financier: les arguments du camp du non sont sans équivoque. Et même idéologiques, assume Jean-Pascal Fournier, président des Verts. S’il reconnaît que de communiquer sans connaître le dossier est ambigu, il l’admet: «Il faudrait un énorme miracle pour que le dossier me fasse changer d’avis.»

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Un «miracle», c’est aussi ce qu’il faudrait à Jean-Marie Bornet, coprésident du Rassemblement Citoyen Valais, pour s’engager pour ce projet. Pour lui, «il faut d’abord mettre de l’ordre dans la maison avant de la présenter au monde». Comprenez qu’avant de penser aux JO, il y a d’autres priorités. D’autres n’ont qu’à faire la preuve, avant le Valais, de la bonne volonté du CIO.

Tous veulent un vote

Par des interpellations au Grand Conseil ou par communiqués de presse, le Centre gauche-PCS et l’UDC du Valais romand, ont exigé des précisions et des garanties. L’UDC, plus critique, dénonce un manque de transparence et la section de Sion, future ville hôte, s’oppose sans détour au projet.

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Coprésident de l’UDC et conseiller communal sédunois, Cyrille Fauchère veut en tout premier lieu un mandat du souverain. «Le peuple, et en particulier les Sédunois – ou au minimum le Conseil général – doivent dire s’ils veulent de ces Jeux.» Là-dessus, tous s’accordent, ce projet n’a pas la moindre chance sans l’aval du peuple et celui-ci doit être consulté. Pour l’heure, on évoque l’horizon de l’automne 2018 pour la tenue d’un scrutin. Pour autant que le Conseil fédéral soutienne le projet.