Sion 2026: les Verts et l'UDC suisses ne comprennent pas le soutien de Berne aux Jeux olympiques

A peine le Conseil fédéral a-t-il apporté son soutien, à hauteur d'un milliard de francs, à la candidature de Sion 2026, que les premiers opposants se manifestent. Les Verts jugent cette décision "irresponsable", l'UDC la qualifie de "complètement incompréhensible."

18 oct. 2017, 17:26
Tant les Verts que l'UDC vaudraient que Berne fasse un meilleur usage de ce milliard accordé aux JO.

Tandis que les organisateurs et les milieux touristiques se réjouissent du soutien du Conseil fédéral à la candidature de Sion pour les JO d'hiver 2026, les partis sont beaucoup plus réservés, voire contre. A l'image de l'UDC, qui s'inquiète des finances fédérales, ou de la gauche qui veut donner au peuple le droit de s'exprimer.

 

 

La décision du Conseil fédéral est "complètement incompréhensible" vu l'état des finances de la Confédération, juge l'UDC. La protection de la population doit être améliorée rapidement, écrit le parti mercredi. Celui-ci veut qu'on renonce à cette enveloppe d'un milliard de francs, qu'il met sur le même pied que le milliard de cohésion pour les pays de l'est de l'UE ou les dépenses supplémentaires en faveur de la coopération au développement (DDC).

Référendum facultatif

Pour les Verts, l'organisation de ces Jeux Olympiques implique un risque financier élevé. Les coûts prévus à la charge du secteur public ont augmenté de 650 millions en moins d'un an, notent les écologistes, qui y voient le signe précurseur d'une explosion des dépenses.

Il serait irresponsable de prendre un tel risque financier sans que le peuple puisse s'exprimer à ce sujet. Les Verts demandent ainsi au Conseil fédéral de soumettre au Parlement un projet qui soit susceptible de faire l'objet d'un référendum.

 

 

Consacrer un total de quelque 2 milliards aux Jeux Olympiques serait particulièrement irresponsable alors qu'on épargne dans la formation, la santé et la coopération au développement. En outre, investir dans les sports d'hiver revient à ne pas tenir compte de la réalité du réchauffement climatique, en posant de mauvaises priorités, ajoutent les écologistes.

Et Moutain Wilderness de regrette un gaspillage. Ce choix consolide l'image de la Suisse comme une destination d'hiver - qui n'est plus d'actualité depuis longtemps, critique l'organisation de protection des Alpes.

Le Parti socialiste ne prend pas position pour l'instant, préférant consulter les sections cantonales concernées, mais il considère que la population a son mot à dire sur le sujet, aux niveaux cantonal comme fédéral. Et elle doit disposer des informations importantes concernant les coûts, les impacts environnementaux, les concepts de sécurité et de transport.

Bon pour les affaires

Au PDC, l'on se réjouit d'une décision qui permettra à la Suisse de rayonner. "C'est une chance unique de présenter au monde sa tradition politique, sa diversité culturelle et son efficacité économique". En dépit des coûts élevés, les JO apportent des bénéfices à long terme pour l'économie, l'Etat et la société, estime le parti.

 

 

Les démocrates-chrétiens demandent néanmoins que soient garantis le financement, la durabilité écologique et la sécurité de la manifestation. Et le soutien de la population doit être palpable. "Ce sont des conditions pour que l'enthousiasme puisse croître".

Quant au PLR, il compte examiner plus en détail la proposition du Conseil fédéral, et débattre des avantages que tireraient de l'événement les régions concernées ainsi que le tourisme en Suisse. La Fédération suisse du tourisme se réjouit, elle, dans un communiqué de la décision du Conseil fédéral.