Robert Gilliard se lance dans l'encavage équitable

La cave Gilliard à Sion tente de lancer le commerce équitable pour le vin.

23 oct. 2012, 11:49
Pour la cave Gilliard, les labels du commerce équitable visant à assurer aux paysans un revenu correct et des conditions de travail acceptables peuvent et doivent aussi s’appliquer aux vigneron valaisans.

Le concept était connu pour les bananes Max Havelaar. La cave Gilliard tente de lancer le commerce équitable pour le vin. Cette fois, ce ne sont pas les producteurs sud-américains qui bénéficient de l’opération, mais des Valaisans. «Les labels du commerce équitable visant à assurer aux paysans un revenu correct et des conditions de travail acceptables peuvent et doivent aussi s’appliquer à nos vignerons», explique l’entreprise sédunoise.

Les vins Gilliard ne seront pas estampillés Max Havelaar, mais porteront un label maison. Ou plutôt, une des marques de l’entreprise porte une mention qui fait référence au commerce équitable. Les vins vendus sous l’étiquette Chantepleur porteront un macaron indiquant: «La marque de qualité qui valorise nos vignerons». Cette gamme concerne des produits destinés aux restaurateurs pour être vendus comme vin ouvert. En clair, il s’agit d’une gamme de vin de qualité litre, qui concerne 100 000 bouteilles par an. Il n’y aura donc pas de Dôle des monts ou de Fendant les Murettes équitables.

Démarche étonnante

La démarche marketing est assez étonnante. D’abord parce qu’elle concerne des produits de qualité inférieure. Et, surtout, parce que le consommateur d’un vin ouvert ne voit généralement pas la bouteille et donc le label qui l’habille. Stéphane Maccaud, le directeur de la maison Gilliard, nuance: «Ces bouteilles se voient quand même de temps en temps sur la table. Nos vendeurs expliquent notre démarche aux restaurateurs.»

L’idée est avant tout un concept de communication reconnaît le directeur. «Nous avions le fendant Chantepleur. Nous avons mis une gamme avec sept cépages sous cette marque et nous l’avons relookée. Nous voulons expliquer que pour cette gamme aussi nous payons aux vignerons un prix normal. Gilliard a une démarche atypique en payant en une fois et avant Noël l’intégralité de la vendange, tout en suivant les prix indicatifs et en se trouvant généralement dans la fourchette supérieure des prix payés.»

Le vigneron serait donc le gagnant de l’encavage équitable. Et le restaurateur? «Pour la vente au restaurateur, nous sommes assez proches de nos concurrents sur le prix de base, mais nous ne pouvons pas faire de gratuité ou d’actions particulières.»