Les 2300 signatures de la pétition "Touche pas à mon passage piétons" remises à Sion

La pétition "Touche pas à mon passage piétons", munie de 2300 signatures, a été remise ce lundi au gouvernement valaisan. Grégoire Dussex, président du Grand Conseil, a remplacé Jean-Michel Cina pour la cérémonie officielle.

22 déc. 2014, 12:35
Initiateur du mouvement, Georges Delaloye (droite) a remis les 3000 signatures à Grégoire Dussex.

Le gouvernement valaisan a reçu lundi un cadeau particulier: une pétition intitulée "Touche pas à mon passage piétons". Lancée par un citoyen, elle a récolté quelque 2300 signatures via les réseaux sociaux. Elle réclame la réintroduction de passages pour piétons.

Georges Delaloye ne décolère pas depuis qu'il a constaté le retrait de plusieurs centaines de passages pour piétons en Valais. Selon lui, le canton "fait un excès de zèle" en appliquant à la lettre une recommandation fédérale.

Cet ancien ambulancier, pompier et samaritain, a lancé sa pétition en août 2014 via Internet. Les quelque 2300 paraphes, emballés dans un papier de cadeau, devaient être remis lundi au président du gouvernement valaisan Jean-Michel Cina, finalement remplacé par le président du parlement cantonal, Grégoire Dussex.

Lever la Matze

L'ex-conseiller d'Etat valaisan Bernard Bornet et trois députés au Grand Conseil valaisan ont soutenu l'action de Georges Delaloye sur la place de la Planta à Sion. Ensemble, ils ont symboliquement levé la Matze, une espèce de tronc de bois dans lequel ils ont chacun planté un clou.

"Depuis ma retraite, j'observe un devoir de réserve total. Mais lorsque la sécurité est menacée, je me dois de réagir", a lancé Bernard Bornet. L'ex-conseiller d'Etat n'a pas été tendre avec le département des transports, de l'équipement et de l'environnement et son chef Jacques Melly, qualifiant le travail du premier de "superficiel, précipité et abritraire" et l'attitude du second "d'autoritaire".

Les députés Grégory Logean (UDC) et Thierry Stalder (PLR) ont rappelé que le Grand Conseil s'est penché sur la problématique des passages pour piétons en septembre dernier. "Le postulat urgent demandant que leur suppression soit revue a été accepté par 65 voix contre 38", a souligné le député UDC.

Distance de visibilité

Le département valaisan des transports, de l'équipement et de l'environnement confirme que sur les 1760 passages pour piétons appartenant au réseau routier cantonal, 660 "ne satisfont plus aux exigences actuelles".

"Nous travaillons d'entente avec toutes les communes. Le but est d'assainir les passages pour piétons et non de les supprimer", a indiqué Jean-Christophe Putallaz, adjoint du chef de service au service valaisan des routes, transports et cours d'eau.

Le critère premier pour décider d'un retrait éventuel d'un passage est la sécurité. Et celle-ci dépend de la distance de visibilité. Si cette distance n'est pas garantie, le passage est supprimé.

Mais avant d'en arriver là, le canton et la commune concernée tentent de trouver des solutions, comme élaguer des arbres, déplacer un arrêt de bus ou créer un autre passage pour piétons à un autre endroit.

Le critère qui fâche

Le critère de la fréquentation du passage pour piétons, soit cinquante piétons à l'heure ou une centaine durant les trois à cinq heures les plus fréquentées, est celui qui fâche les auteurs de la pétition. Mais Jean-Christophe Putallaz se veut rassurant: "Dans nos régions, on ne peut pas se baser sur un tel critère de fréquentation, cela n'a aucun sens".

Pour l'heure, le canton ne peut pas indiquer combien de passage pour piétons seront effectivement supprimés. Les chiffres sont attendus d'ici à la fin du printemps 2015, précise Jean-Christophe Putallaz. Le temps que les communes, main dans la main avec les polices communales, aient terminé d'analyser la situation et de trouver des solutions.