Le Valais central passe aux trains numérisés

Les CFF terminent ce week-end d’équiper le tronçon Sion-Sierre de la dernière technologie de surveillance du trafic ferroviaire. Coût pour l’ex-régie fédérale: 60 millions de francs pour 24 kilomètres de voies.

25 oct. 2018, 15:53
Après la mise en service ce week-end - ici le centre de commandes, en gare de Sion -, le trafic du secteur Sion-Sierre sera géré depuis le centre d'exploitation de Lausanne.

En aviation, on parlerait du passage du vol à vue au vol aux instruments. Dans la nuit de samedi à dimanche, les CFF finaliseront, pour 60 millions de francs, l’équipement des 24 kilomètres séparant Châteauneuf de Salquenen par une nouvelle technologie qui verra les signaux traditionnels le long des voies remplacés par une signalisation dans la cabine des trains.

A lire aussi: Travaux: une nuit sans train en Valais

Les conducteurs pourront rouler en «pilotage automatique»

Le nom de cette technologie, qui équipe pour l’heure 7% du réseau helvétique, dont les tunnels du Gothard et du Lötschberg et le secteur Lausanne-Villeneuve: «ETCS niveau 2». Pour qualifier la dernière version de l’European Train Control System, ou système de contrôle européen des trains.

«Les feux de circulation sont numérisés, toutes les informations arrivent via le réseau de téléphonie mobile dans la cabine du conducteur: la vitesse à laquelle il peut rouler, le moment où il doit freiner, les éventuelles perturbations sur la ligne», expliquait jeudi matin à la presse Arnold Trümpi, chef de l’unité Installations et technologies aux CFF.

Moins de retards?

L’ex-régie fédérale prévoit d’équiper l’entier du réseau helvétique d’ici à 2040. «Trois éléments déterminent le passage à cette nouvelle technologie», poursuit Arnold Trümpi. Le besoin d’augmentation de la capacité de la ligne, le remplacement d’installations devenues vétustes – comme ici dans le secteur Sion-Sierre – et des exigences d’amélioration de la sécurité, par exemple au Gothard.» Les autres équipements en Valais «devraient, eux, tenir pour les vingt ans à venir».

Si, selon le responsable, une plus grande ponctualité «reste toujours un des objectifs clés», son collègue Thibaut Jechoux, chef du projet ETCS L2, estime que cette nouvelle technologie «n’aura pas un impact direct sur les retards». Mais devrait donner, via une gestion plus efficace, «la possibilité d’augmenter la capacité de la ligne».

Douze employés valaisans impactés

Le trafic du secteur Sion-Sierre sera, une fois la mise en service effectuée ce week-end, géré depuis Lausanne. Avec quel impact sur les emplois aux CFF? «Aucun», nous répond-on, tout en concédant que sur les douze collaborateurs gérant les circulations à Sion et à Sierre, cinq rejoindront le centre d’exploitation à Lausanne, quatre iront travailler à Martigny, et trois partiront à la retraite dimanche soir.

Notons encore que cette modernisation n’est, selon les CFF, pas liée à l’arrivée des trains à deux étages en Valais, prévue progressivement à partir de l’entrée en force du nouvel horaire, le 9 décembre prochain.