Le HC Sion aborde les play-off sans l'enjeu d'une possible promotion

C’est le moment qu’attendent tous les hockeyeurs après cinq – longs – mois d’un championnat régulier parfois bien fade. Les play-offs, c’est une nouvelle saison qui débute. Au mieux, le champion est promu dans la catégorie supérieure. Au pire, il est invité à disputer un barrage. Dans tous les cas, il y a un enjeu qui suffit à insuffler une douce euphorie dans les vestiaires.
16 févr. 2018, 17:29
Mike Vermeille et le HC Sion partent favoris face à Seewen.

Enfin, presque. Parce qu’en Swiss Regio League, il n’y a rien au bout des play-offs. Le champion devra se contenter de soulever une coupe bleue qui sera remise à titre honorifique. De quoi laisser sur leur faim des joueurs qui, une année plus tôt, s’étaient battus pour intégrer la Swiss Regio League, d’abord, avant de devenir champions de Suisse amateurs? «Pas du tout», rétorque Romain Wyssen. «Chaque joueur est un compétiteur, quel que soit le niveau. Et chacun veut aller au bout. En plus, il s’agit d’une nouvelle catégorie de jeu. Le challenge, c’est d’être le premier club sacré en Swiss Regio League, où le niveau de jeu est bien plus relevé, et d’entrer ainsi dans la petite histoire de cette nouvelle ligue. Si on s’entraîne toute l’année, c’est pour disputer les play-offs et les gagner.»

Il manque ce petit sucre

Tanguy Pelletier, déjà présent à Sion la saison passée, compare volontiers les deux situations. Même s’il y trouve quelques dissemblances aussi. «Ce tour final face aux équipes alémaniques, c’était l’inconnue», se souvient-il. «Cette fois, nous avons déjà eu l’occasion d’affronter deux ou trois fois ces adversaires. Maintenant, il n’y a aucun souci de motivation. Le groupe est soudé. C’est évidemment dommage qu’il n’y a pas de promotion au bout. Nous étions déçus de l’apprendre; il nous manque ce petit sucre. Ce sera un thème la saison prochaine.»
Romain Wyssen compare volontiers le défi du HC Sion à celui du futur champion de National League. «Lui se bat pour lever une coupe de couleur or, à la fin de la saison. Nous, c’est une coupe bleue que nous souhaitons porter à bout de bras dans quelques semaines. D’ailleurs, je peux vous assurer que nous sommes très chauds à l’idée d’aller la chercher. L’hiver passé, j’avais vécu l’une de mes plus belles émotions sportives à Frauenfeld. J’ai très envie de goûter de nouveau à ce sentiment face à des formations supérieures à la saison dernière.»

La défaite à Sierre a fait mal

Sion avait assuré sa première place dans le groupe bien avant la fin de la saison régulière. Par contre, il reste sur trois défaites de rang: deux en championnat, sans conséquence, et une, surtout, en Coupe de Suisse. En fait, il a perdu l’un des seuls matchs qui comptait réellement cette saison. Qui lui aurait permis de défier un club de ligue nationale la saison prochaine. «Ce match, il n’est pas encore digéré», enrage l’attaquant. «Nous avons un peu accusé le coup. Comme la première place était déjà acquise, nous nous sommes un peu relâchés. Face à Sierre, nous n’avons pas montré notre vrai visage. Nous avons à cœur, désormais, de prouver à tous que le niveau de notre ligue est supérieur à cette performance.»

La pause a fait du bien

«Ce revers a mis un gros coup sur la tête de tous les joueurs», confirme Tanguy Pelletier. «Il nous a fait mal. D’ailleurs, l’équipe s’est un peu démobilisée derrière, d’autant qu’il n’y avait plus d’enjeu en championnat. Inconsciemment, nous sommes moins enclins à nous faire mal. Par chance, la pause d’une semaine nous a permis d’évacuer cette frustration et de nous mobiliser dans l’optique des play-offs. Nous avons effectué quelques sortie en équipe afin de resserrer les liens.»

par Christophe Spahr