Hervé Klopfenstein écarté de la direction de la Haute Ecole de Musique

La Haute Ecole de Musique (HEMU) Vaud-Valais-Fribourg est en crise depuis plusieurs mois. Après un audit externe, elle refond sa gouvernance en profondeur. Son directeur général, Hervé Klopfenstein, doit s'en aller.

08 mars 2018, 16:26
Hervé Klopfenstein n'est plus le directeur général de la Haute Ecole de Musique.

En crise depuis plusieurs mois, la Haute Ecole de Musique (HEMU) Vaud-Valais-Fribourg revoit profondément sa gouvernance. Son directeur général Hervé Klopfenstein a été écarté et n’exerce plus aucune responsabilité au sein de l’institution.

«Il est mis au bénéfice d’un congé académique jusqu’à la fin de l’année», a annoncé  jeudi la conseillère d’Etat vaudoise Cesla Amarelle. Ce congé est en fait un départ anticipé, le directeur général ayant d’ores et déjà annoncé qu’il ne solliciterait pas de nouveau mandat à l’issue de son engagement actuel qui s’achève fin 2018.

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Direction provisoire

Dès le 12 mars, la direction opérationnelle sera assurée provisoirement par le Conseil des directrices et des directeurs, qui sera  dirigé par Barbara Vauthey. Le poste de directeur général devrait être mis au concours au plus tard en juillet.

Plus loin que les conclusions de l'audit

La situation de crise a été provoquée par des tensions, en particulier entre le directeur général et des cadres, et a mené à de nombreuses démissions. Fin novembre, un audit externe a été ordonné. Rendues publiques jeudi, ses conclusions recommandaient d’écarter Hervé Klopfenstein des activités opérationnelles sans demander son départ immédiat. Cette décision est celle des instances qui chapeautent l’institution, en premier lieu les cantons de Vaud, Valais et Fribourg.

«Les principaux bailleurs de fonds prennent leurs responsabilités», a expliqué Cesla Amarelle. Pourquoi aller au-delà des conclusions de l'audit? «Parce que la situation a évolué et que la lecture des autorités politiques est différente», a ajouté la conseillère d'Etat.

Malgré l'audit, les frictions ont en effet persisté et de nouvelles démissions sont tombées ces dernières semaines. «Cette situation met en péril le fonctionnement de l'HEMU. On devait prendre des décisions rapides pour calmer les tensions internes, éviter de nouvelles démissions voire rediscuter avec des démissionnaires», a-t-elle ajouté.

Pas d'implication directe pour Sion

«Cette décision permettra à l’institution de retrouver au plus vite sa solidité et sa santé», explique aussi Jacques Cordonier, chef du service de la culture du canton du Valais, impliqué dans le processus. Il précise que la crise concerne le management de l’école et n’a pas eu d’implication dans la formation sur le site de Sion. Même si «avoir une institution forte est toujours bénéfique».

Plus globalement, les autorités politiques veulent aussi «refonder durablement la gouvernance de l'institution». Un groupe de travail, dont fait partie l'ancien recteur de l'Université de Lausanne Dominique Arlettaz, devra s'y atteler d'ici à l'été. Cette refonte «fondamentale» concernera aussi le Conseil de fondation.