Finale de Coupe: quelle sécurité pour les fans du FC Sion qui défileront dans les rues de Genève?

Les autorités assurent que toutes les mesures ont été prises pour la sécurité des fans du FC Sion qui défileront à Genève le 25 mai pour se rendre au stade. Mais les risques sont démultipliés avec ce cortège dans la Cité de Calvin.

11 mai 2017, 12:37
/ Màj. le 11 mai 2017 à 17:00
Les supporters valaisans et bâlois qui se déplacent en train devront marcher de la gare de Cornavin jusqu'au stade de Genève, situé de l'autre côté de la ville du bout du lac.

La finale de la Coupe de Suisse de football, le 25 mai à Genève, sera précédée de deux cortèges de fans sédunois et bâlois qui traverseront le centre-ville à pieds, depuis la gare CFF de Cornavin jusqu’au stade de la Praille.

Bien que les fans des deux équipes doivent utiliser deux itinéraires différents, la crainte de débordements est réelle, malgré la mise en place d’un important service d’ordre.

Le défilé, une tradition sportive

Le Département genevois de la sécurité et de l’économie (DSE) indiquait récemment que le défilé relève de la tradition sportive et que le refuser pourrait avoir des conséquences plus graves que de l’organiser et de l’encadrer.

Mais, lorsque le DSE genevois préfère parler de la gestion de fans «très enthousiastes», doit-on comprendre que les responsables genevois se montrent trop optimistes en se basant sur leur gestion des supporters de l’Euro ? Les spectateurs d’équipes nationales accueillis à Genève n’ont rien à voir avec les Bâlois et les Sédunois, réputés bien plus difficiles à gérer.

De plus, pour cette finale de coupe, outre l’antagonisme entre des fans des deux équipes en finale, doit-on aussi craindre la réaction de supporters du club de Servette ? Certains d’entre eux seront peut-être tentés, malgré tous les appels à la raison, de venger la récente agression par des fans du FC Sion dont furent victimes les joueurs genevois sur une aire d’autoroute.

«On nous a assuré que nos supporters seront en sécurité entre la gare et le stade.»

L’association suisse de football (ASF) se veut rassurante. «Les mesures prévues garantissent la sécurité du public. Ce dernier sera composé en majorité de supporters qui se comportent parfaitement bien et comprennent des familles et des enfants. Tout a été fait pour que la fête soit belle», indique son porte-parole Yannick Rappan.

Au FC Sion on se veut aussi rassurant que possible. «Le dispositif de sécurité qui nous a été présenté par la police et par l’organisateur du match semble remplir toutes les conditions. A Genève, on nous a assuré que nos supporters seront en sécurité entre la gare et le stade pour ceux qui utilisent le train.», indique Nicolas Pillet secrétaire général du club valaisan.

Selon nos informations, parmi les mesures prévues figurent l'engagement d'un hélicoptère de l'armée, équipé notamment de caméra infrarouge. Une information que la police cantonale se refuse à confirmer ou infirmer pour des motifs de sécurité.

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«L’antagonisme entre sédunois et servettiens est un risque supplémentaire.»

«Il est vrai que l’antagonisme entre des supporters sédunois et servettiens est un facteur supplémentaire dont nous devons prendre en compte, tout comme celui des hooligans étrangers. Mais nous nous y préparons activement, afin que la fête soit belle», reconnaît Silvain Guillaume-Gentil, porte-parole de la police cantonale.

Que les deux groupes bâlois et valaisans puissent potentiellement entrer en contact sur certaines portions de leurs itinéraires, parfois très proches, ne semble pas inquiéter outre mesure Carlo Kuonen, chef de la gendarmerie valaisanne. «A Sion aussi, nous avons dessiné deux itinéraires différents vers Vissigen et au-delà, il existe des points chauds où les fans des deux clubs cherchent parfois le contact. Mais nous sommes là pour rendre impossible toute jonction des deux cortèges.»

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«Ma crainte, ce sont les hooligans étrangers.»

«Ma crainte, ce sont les hooligans étrangers qui arriveront de France et aussi peut-être d’Allemagne, uniquement pour se battre et casser», lâche un haut responsable d’une société de sécurité en Valais.

Pour cet expert qui désire garder l’anonymat pour des motifs contractuels, «le souci, ce sont les 5% d’imbéciles qui, après avoir commis leurs déprédations ou agressions, retournent se cacher parmi le 95% restant qui ne pose aucun problème. Les forces de l’ordre rencontrent de gros problèmes pour les identifier.»

S’il ne remet pas en cause l’organisation d’un défilé, notre spécialiste s’interroge sur l’efficacité des moyens mis en place pour la sécurité. «On annonce 600 policiers pour deux cortèges. Cela fait 300 personnes par cortège. J’ai peur que cela ne suffise pas.»

Pourquoi pas en train jusqu’au stade?

Les trains s’arrêteront à Cornavin et ne rouleront pas jusqu’à la halte de Genève-Stade à la Praille, solution qui aurait évité aux supporters de devoir traverser le centre-ville sur plus de quatre kilomètres.

A l’ASF, Yannick Rappan explique que cette possibilité n’a pas été retenue. «Notamment pour des raisons de sécurité, mais aussi afin que tout le monde soit sur le même pied d’égalité. Car si les trains en provenance du Valais peuvent rejoindre la Praille, les trains bâlois à deux étages ne peuvent pas rouler sur le tronçon «Cornavin- La Praille» à cause des infrastructures ferroviaires.»

Aux CFF,  le porte-parole Frédéric Revaz précise que s’il est vrai que «les trains à deux étages ne peuvent pas circuler jusqu’à Genève-stade, cela ne joue aucun rôle dans la planification étant donné que nous disposons d’autres trains. C’est sur demande des supporters que les trains s’arrêteront à Genève Cornavin.»

Au FC Sion, Nicolas Pillet précise que le club était ouvert aux deux options. «La solution de Cornavin n’est pas le choix du club, mais de la police genevoise, afin de répondre au désir des supporters de respecter la tradition d’un cortège. Ce choix répond aussi, c’est vrai, à des questions de sécurité, notamment la difficulté de gérer deux lieux, Cornavin et la Praille.» 

Si vous voulez éviter le cortège

L’expert valaisan en sécurité propose carrément d’éviter de participer au défilé. «J’espère me tromper et que tout se passe bien. Mais j’éviterai le cortège ou, tout au moins, je m’abstiendrai d’y aller avec des enfants.»

Et donc de prendre le train. Comme l’explique Nicolas Pillet du FC Sion, «les cars et voitures arriveront sur des parkings situés  à l’opposé de la gare. Des navettes gratuites ont été organisées. Les itinéraires à emprunter figurent sur notre site. Des check-points ont été prévus, ainsi qu’un périmètre de sécurité autour du stade. Il ne sera pas possible d’y pénétrer sans billet de match. Nous appelons nos supporters à faire preuve d’un comportement exemplaire et à éviter toute provocation. Nous sommes ainsi persuadés que l’ambiance restera bonne enfant et que nos supporters donneront une belle image du club et du canton.»

Info service: trois trains spéciaux

Au départ de Brigue (10h41,10h53,11h02)

Viège (10h50, 11h01, 11h10)

Sierre (11h08, 11h18, 11h29)

Sion (11h20, 11h29, 11h42)

Martigny (11h37, 11h45, 12h00)

Saint-Maurice (11h49, 12h01, 12h12)

et Aigle (11h59,  12h14, 12h22).

Le retour se fera depuis le stade jusqu’en Valais après le match. 

Tarifs et informations complémentaires sur le site du FC Sion.