Entre les ceps: Pierre Thomas et les vins liquoreux imprescriptibles

Le coin des hérauts est réservé aux messagers de nos terroirs. Des personnalités qui nous confient la relation particulière qui les lie aux vins du Valais. Aujourd’hui, place à Pierre Thomas, journaliste du vin et écrivain, qui met, depuis plus de dix-sep ans, sa plume et son palais au service des vins du monde entier.
24 févr. 2019, 19:00
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«Un souvenir marquant? Ma rencontre avec Stéphane Gay et Dominique Fornage. Le premier, œnologue, a fondé la Charte Grain Noble ConfidenCiel. Le second, au Cardinal puis au Château de Villa, a mis en avant ces vins liquoreux. C’était une démarche novatrice dans sa cohérence et son rendu… Pour l’éphémère journal «dimanche.ch», j’avais réalisé un dossier, paru en octobre 2000, titré: «Quand des Suisses se prennent pour les cousins d’Yquem». Une belle expérience, appuyée sur une dégustation des fameux 1998, millésime que Stéphane Gay qualifiait d’«excellent, au botrytis dominant, pour de très beaux vins riches et gras».

...les fameux liquoreux 1998, millésime que Stéphane Gay qualifiait d’excellent, au botrytis dominant, pour de très beaux vins riches et gras.


En tête, une extravagante petite arvine de «la vedette de Fully» (si, si, il y a vingt ans déjà!), Marie-Thérèse Chappaz, 240° Oechslé, 7% d’alcool, un vin «d’une réelle épaisseur, hors norme» (24 mois de barrique), devant deux ermitages, l’un de 1999 de Philippe Darioli, très riche et «aguicheur», et l’autre, le Tourbillon 1998, «véritable esprit du surmaturé», de Madeleine Gay, «l’antivedette de Provins-Valais».

De cet ermitage-là, il n’y en aura plus jamais: les vignes ont été arrachées, au profit de la petite arvine, cultivée désormais sur le domaine de l’évêque de Sion. Le temps rattrape les souvenirs. Mais internet les préserve: le papier se trouve toujours sur mon site www.thomasvino.ch. et… quelques flacons dans ma cave.»
 

par France Massy