Dialogue monumental en ville de Sion

52 sculptures ont pris possession des rues de la capitale valaisanne. Etonnant.

20 juil. 2012, 18:22
Ivo Soldini, présente ses sculptures en ville de Sion.©  Sacha Bittel/Le Nouvelliste

Elles ne passent pas inaperçues. Mises en place ces dernières 48 heures, les statues d’Ivo Soldini ont pris possession des rues sédunoises sous le regard étonné voire amusé des badauds. 52 pièces au total pour une exposition monumentale et un dialogue avec l’artiste décliné aux quatre coins de la cité.

Deux sculptures en bronze installées  le long de la place du Midi, cinq en résine à l’Espace des Remparts, deux devant l’église de Saint-Théodule, quatorze moulages en résine noire à côté de la statue de Sainte Catherine sur la place de la Planta, quinze moulages en résine colorée tout au long des rues de Lausanne et du Grand-Pont, une scuplture de grande dimension à la place de la Majorie et un ensemble de cinq moulages en résine noire intégré dans le verger attenant la place Maurice-Zermatten.

Des expositions en plein air et l’installation d’art en milieu urbain, c’est un des créneaux de l’artiste tessinois qui a déployé sa créativité à Milan, New-York ou Bellinzone. «Même si cela demande une grande organisation, Sion et sa vieille ville se prêtent bien à cet exercice», explique Ivo soldini qui expose  simultanément à la Galerie du Rhône. «L’intérêt réside dans la mise en rapport de l’architecture de la ville, des œuvres et des visiteurs. Cette manière de faire permet une relation directe avec le grand public, ce que les musées empêchent.»

Vendredi, en déambulant le long des sculptures de grandes ou de moyenne dimension, il n’était pas rare de croiser des passants posant à côté d’une statue pour immortaliser l’instant. D’autres, plus curieux, tentaient de découvrir le matériau utilisé. C’est ce qu’Ivo Soldini appelle  le «public total». A l’ouest de la place du Midi, une œuvre intitulée «Pro e Contra» met en scène deux grands individus aux attributs masculins clairement identifiables... «Les réseaux sociaux en ont parlé? Ca me fait très plaisir», répond l’artiste. «Nos vies sont bourrées de sexe inutile, avec la pornographie notamment. Heureusement que là, la scuplture montre quelque chose de spécial, un sexe utile! L’œuvre suggère surtout la tension qui règne au sein d’une même personne.» Au marché du vendredi, les qualificatifs les plus courants pour décrire les sculptures étaient «étonnantes et originales».

Mais en Valais, la politique n’est jamais loin. «Je ne vais pas rester trop longtemps à côté de ces statues le plus souvent noir foncé. Ce n’est pas recommandé pour un radical», a témoigné un passant dans un large sourire...

A voir jusqu'au 6 octobre.